14 mars 2010 : 4e dimanche de Carême

Lectures JOS 5,10-12 ; Ps 33,2-7 ; Lc 15,1-3.11-32

Lecture de la seconde lettre de saint Paul aux Corinthiens (5,17-21)

Frères, si quelqu’un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en  est allé, un monde nouveau est déjà né.

Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné pour ministère de travailler à cette réconciliation.

Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui ; il effaçait pour tous  les hommes le compte de leurs péchés, et il mettait dans notre bouche la parole de la réconciliation.

Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui, en fait,  vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu.

Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu. Frères, si quelqu’un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.

Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu.»

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LE CAREME EST UN TEMPS CATECHUMENAL

La paroisse Saint Etienne du Mont accompagne sept catéchumènes, dont cinq seront  baptisés la nuit de Pâques de cette année. Les catéchumènes sont suivis tous les quinze jours par un accompagnateur laïque qui les fait grandir dans la foi, mais ils se retrouvent aussi un soir par mois tous ensemble autour d’un thème de réflexion et de prière ; nous avons par exemple abordé la sainteté, le rapport entre les promesses énoncées dans  l’Ancien Testament et leur réalisation dans le Nouveau, le baptême et la vie trinitaire, l’eucharistie, le péché et la grâce du pardon.

Après l’appel nominal de chaque catéchumène qui s’est déroulé le premier dimanche de carême, nous célébrons au cours de trois dimanches les « scrutins », qui veulent traduire le début du Psaume 138 : « Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais ! Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées. »

Le Rituel de l’initiation chrétienne des adultes indique très clairement le sens de ces  scrutins : « Les scrutins que l’on célèbre solennellement le dimanche, sont accomplis au moyen des exorcismes. Ils ont ce double but : faire apparaître dans le coeur de ceux qui sont appelés ce qu’il y a de faible, de malade et de mauvais, pour le guérir, et ce qu’il y a de bien, de bon et de saint, pour l’affermir. Ils sont faits pour purifier les coeurs et les intelligences, fortifier contre les tentations, convertir les intentions, stimuler les volontés, afin que les catéchumènes s’attachent plus profondément au Christ et poursuivent leur effort pour aimer Dieu. Ils donnent aux futurs baptisés la force du Christ, qui est, pour eux, le Chemin, la Vérité et la Vie. Il est demandé aux futurs baptisés d’avoir le désir de parvenir à une connaissance intime du Christ et de l’Eglise et, en ce temps des scrutins, à ne meilleure et sincère connaissance de ce qu’ils sont devant Dieu, dans un discernement sérieux de leurs dispositions et une vraie conversion. »

Alors que nous lisons cette année l’Evangile de Luc, ce sont trois chapitres de l’Evangile de Jean qui sont choisis pour illustrer les scrutins au cours de la messe célébrée avec les catéchumènes : dimanche dernier la Samaritaine qui découvre l’eau vive (Jn 4), aujourd’hui l’aveugle-né qui ouvre les yeux à la lumière (Jn 9) et dimanche prochain Lazare qui recouvre la vie (Jn 11). Ces trois personnages réalisent avec le Christ une rencontre de conversion, qui les fait passer de l’esprit de ténèbres à l’esprit de Dieu, du péché au salut. Comme le peuple d’Israël sortait d’Egypte pour traverser les eaux de la mer et entrer par le désert dans la terre promise, les catéchumènes suivent un chemin progressif de libération qui les conduit vers les eaux baptismales de la nuit pascale ; mais ce chemin n’est pas sans combat spirituel entre leur désir de salut et l’influence du mal qui s’y oppose.

Finalement on peut dire que ce chemin, à la fois enthousiasmant et ardu, vécu par les catéchumènes pendant le temps du carême est le même pour chaque chrétien déjà baptisé. Pendant six semaines toute l’Eglise se remet en marche vers Jésus Christ mort et ressuscité pour nous, en vivant avec tension un temps de pénitence, de conversion et d’illumination.

Père Yvan Maréchal