21 mars 2010 : 5e dimanche du carême

Lectures : Is 43,16-21 : Ps 125,1-6 : Ph 3, 8-14: Jn 8, 1-11

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (8 , 1-11)

« Jésus s’était rendu au mont des Oliviers ; de bon matin, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en train de commettre l’adultère. Ils la font avancer, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol.
Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre »
Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol.
Quant à eux, sur cette réponse, ils s’en allaient l’un après l’autre, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme en face de lui.
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Alors, personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit :
« Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

ENFERMEMENT

A quelques jours de la Passion, l’évangile nous éclaire sur le sens de celle-ci. Qui est accusé ? la femme, mais surtout Jésus qu’il faut prendre en faute.

Il est mis à l’épreuve. C’est déjà son procès. L’un et l’autre sont enfermés. On fait cercle autour de la pécheresse : le recours à la Loi semble empêcher toute issue. Il en va de même pour Jésus : il est pris dans un piège.

Que va-t-il faire ? D’abord rien (lors de son procès, Jésus parlera peu…) Puis, il écrit sur le sol, sans doute pour signifier qu’il apporte une nouvelle loi. Il s’abaisse, pour se mettre au niveau des pécheurs.

On lui demandait s’il fallait jeter des pierres, mais, lui envoie une phrase lapidaire, une pierre à destination des accusateurs : « Que celui qui n’a pas péché lui jette la première pierre ». Telle est la nouvelle loi, qui invite l’homme à regarder la poutre qui est dans son oeil plutôt que la paille qui est dans l’oeil du voisin.

Jésus n’a pas condamné, il n’a pas non plus pactisé avec le péché (« Va et désormais ne pèche plus »). En réalité, il a pris en charge la faute de cette femme, et cela le conduira à la mort. Par leur question insidieuse, les scribes et les pharisiens roulent déjà sur lui la pierre du tombeau. Apparemment, il n’y a pas d’échappatoire.

Mais on n’emprisonne pas le Vivant. La Résurrection libérera le Christ de la mort et les pécheurs du péché.

Père Emmanuel Dufresne