4 avril 2010 : Dimanche de Pâques

Lectures : Ac 10, 34a.37-43 : Ps 117, 1-4.16-17.22-23 : Col 3,1-4 : Jn 20,1-9

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Chap20 , 1-9)

« Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu’il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a mis. » Pierre partit donc  avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau.

Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.

En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n’entre pas.

Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.

C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.

Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas vu que, d’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. »

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Jour de Pâques, jour de Résurrection

Depuis le dimanche des Rameaux, nous sommes entrés en Semaine sainte et depuis le Jeudi saint en Triduum pascal, c’est-à-dire les trois jours les plus saints de l’année célébrant le Seigneur crucifié, enseveli et ressuscité, mystère le plus sublime de notre foi. Récapitulons !

Dimanche dernier, lorsque nous tenions nos rameaux de buis à la main, nous représentions la foule acclamant Jésus pendant son entrée royale et triomphale dans la cité sainte de Jérusalem et les feuilles persistantes du buis, qui ornent de nouveau nos crucifix, symbolisent la vie qui surgit déjà du bois de la croix, gibet où Jésus terrasse la mort en donnant sa vie.

Au cours de la semaine, c’était mercredi, lors de la messe chrismale à Notre-Dame, l’archevêque de Paris, Monseigneur Vingt-Trois, a rassemblé tous les prêtres de son diocèse, pour les replonger dans la grâce de leur vie sacerdotale, et il a consacré à cette occasion les saintes huiles parfumées (celle des catéchumènes, celle des malades et celle qu’on appelle le saint-chrême utilisé pour le baptême, la confirmation et l’ordination).

Jeudi, la sainte Cène signifiait le mémorial du dernier repas de Jésus et l’Eglise répondait aux trois demandes qu’il a adressées ce soir-là à ses disciples : « Vous ferez cela en mémoire de moi » ; « vous devez vous laver les pieds les uns les autres » ; « demeurez ici et veillez » ; et la célébration se prolongeait par une adoration eucharistique au reposoir.

Vendredi, jour de jeûne et de pénitence, la croix, traversant les rues de Paris dans l’après-midi, commémorait la montée de Jésus au calvaire. L’office de la Passion, le soir, proclamait le drame de la passion dans l’Evangile selon saint Jean, puis  invitait à vénérer « le bois de la croix qui a porté le salut du monde », après avoir adressé à Dieu éternel et tout-puissant dix supplications pour l’Eglise et pour toute l’humanité, en une longue litanie.

Samedi, l’église restait sombre et nue et nous demeurions près du tombeau, dans un profond silence et une tristesse  marquée par l’absence de Dieu.

Mais cette nuit, nous sommes subitement sortis des ténèbres. La Vigile pascale se mit à resplendir dès l’allumage du cierge pascal et de nos centaines de bougies au feu nouveau et nos chants d’action de grâces firent retentir l’Exultet acclamant « heureuse la faute qui nous a valu pareil Rédempteur », ainsi que le Gloria et l’Alléluia effacés de nos liturgies depuis le mercredi des Cendres. Sept lectures de l’Ancien Testament et deux du Nouveau développèrent l’ensemble de l’histoire du salut depuis la création du premier Adam jusqu’au nouvel Adam, le Christ ressuscité. La joie culmina lorsque cinq adultes furent plongés dans la grâce du baptême, de la confirmation et de l’eucharistie, témoignage que le Seigneur continue à ouvrir la porte de la foi et à transmettre dans les coeurs sa vie divine et éternelle.

Aujourd’hui, jour de Pâques, nous confessons avec une certitude renouvelée que Jésus Christ est passé de la mort à la Vie.  Aussi, entrons avec Pierre et le disciple bien-aimé dans le tombeau vide dont la pierre est descellée, pour « voir et  croire » que, « d’après les Ecritures, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts ». Sortons ensuite déclamer dans le monde que Dieu ne cesse d’accomplir des prodiges dans le coeur de son Eglise comme dans la vie de son Fils. En quelques  jours, nous venons donc de revivre spirituellement ce qui est la source vive de notre existence chrétienne : « Nous sommes passés de la mort à la vie » (1 Jn 3,14).

Père Yvan Maréchal