20 juin 2010 : 12e dimanche du temps ordinaire

Lectures : Za 12, 10 – 11 ; 13, 1 – Ps 62, 2 – 6 – 9 – Ga 3, 26 – 29 – Lc 9, 18 – 24

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour, Jésus priait à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Pour la foule, qui suis-je ? »

Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »

Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prit la parole et répondit : « Le Messie de Dieu. »

Et Jésus leur défendit vivement de le révéler à personne, en expliquant : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »

Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. »

« Si quelqu’un veut venir derrière moi… »

La fin de l’année scolaire approche avec, pour certains, son lot d’examens, de concours et de récompenses. C’est le moment de mettre un terme à des activités entreprises en septembre et de relire tous ces mois écoulés à la lumière du « Messie de Dieu » qui a accepté d’entrer dans sa Passion pour nous introduire dans sa Résurrection : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup… et que, le troisième jour, il ressuscite. »

Chacun peut se demander comment, tout au long de cette année, la grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père, et la communion de l’Esprit Saint l’a rendu participant de la vie divine. Ce n’est pas l’heure de se démettre des efforts consentis, mais d’accepter enfin de se déprendre de soi-même, afin que la volonté et l’action de Dieu se réalisent pleinement en tout être.

« Si quelqu’un veut venir derrière moi, qu’il se renie lui-même, porte sa croix chaque jour et me suive ! » Il n’est pas facile de suivre le Christ ! C’est un chemin qu’il faut sans cesse recommencer…

En ce dimanche, plusieurs jeunes font leur « entrée en catéchuménat » et témoignent ainsi qu’ils veulent  recevoir leur salut du seul Seigneur qui est la source de vie. Aujourd’hui aussi, Aderito Marcos, qui a servi notre paroisse pendant 18 ans avec beaucoup de coeur et de bonne humeur, nous quitte pour entrer dans le temps de la retraite. N’est-ce pas renoncer ainsi à un service d’Eglise qu’il a aimé rendre dans la foi et la fidélité, la prière et la discrétion, accompagné de son inséparable épouse Anna Maria ?

Je m’éloigne également de Saint Etienne du Mont et de sa montagne, que je gravissais déjà il y a 25 ans comme étudiant, pour rejoindre désormais Notre Dame de Vie, dans le Vaucluse, où m’attend un autre ministère, qui sera davantage orienté vers l’enseignement de la Bible. C’est une nouvelle aventure dont je ne connais pas le terme ; et c’est surtout une désappropriation de tout projet personnel, à la recherche, dans l’obscur, de l’accomplissement du dessein de Dieu. En donnant ma vie à Dieu, j’espérais faire de grandes choses pour lui, parcourir le monde et l’évangéliser. Mais les grands élans sont parfois trompeurs et le Seigneur enseigne à rester humble, pour que « sa puissance se déploie dans la faiblesse » (2 Co 12,9). Comme l’écrit le cardinal Daniélou, « l’enfance spirituelle, c’est l’infini du désir dans la totale impuissance. Et c’est le grand secret de la prière et de la vie missionnaire. Thérèse de l’Enfant Jésus a touché ses limites, elle veut tout et elle découvre qu’elle ne peut rien. Cette découverte qui pourrait la briser, elle comprend que c’est au contraire la grande lumière. Vouloir tout et ne pouvoir rien, c’est donc ne compter que sur l’Amour de Dieu. »

J’emporte avec moi le souvenir de nombreux visages marqués par des joies et par des peines, je suis rempli d’admiration pour tous ceux qui ont agi dans la paroisse comme des petites mains secrètes, mais précieuses, et je reste encore édifié par les personnes qui ont été assidues à la prière quotidienne. Merci à tous pour ce cadeau et pour celui tout aussi généreux que vous m’avez fait dimanche dernier : il contribuera à perfectionner mon ouïe et retrouver le plaisir de jouer du piano !

P. Yvan Maréchal