12 septembre 2010 : 24e dimanche ordinaire

Lectures : Ex 32, 7-1.13-14 ; Ps 50, 3-4.12-13.17.19 ; 1 Tm 12-17 ; Lc 5, 1-32

Evangile selon saint Luc

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : «Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux !» Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les  quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : ‘Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !’ Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ? Quand elle l’a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : ‘Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !’ De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. » […]

LASSITUDE ?

Se lasserait-on d’entendre les pages d’Évangile les plus connues ? Dès les premiers mots, la conclusion se profile et l’attention s’endort. Ainsi en va-t-il de la parabole dite de L’enfant prodigue. Et pourtant, ce récit a nourri l’espérance d’une multitude d’hommes :

Très justement, Péguy écrit à son sujet :  les autres paroles de Dieu sont pudiques. Elles n’osent point accompagner l’homme dans les hontes du péché… Celle-ci, en vérité, n’est point  honteuse… Elle a pour ainsi dire porté un défi au pécheur. Elle lui a dit : ‘partout où tu iras, j’irai.’

On parle d’habitude de la Parabole de l’enfant prodigue. Ce titre n’est évidemment pas de Saint Luc. Il a l’inconvénient de braquer le projecteur sur un trait de caractère du fils cadet. Ce personnage n’a été prodigue que de ses biens matériels, son héritage follement gaspillé dans une vie de débauche.

La vraie prodigalité est du côté du père. Elle est  d’un tout autre genre. C’est celle d’un amour miséricordieux qui va bien au-delà du raisonnable. Oserons-nous, après d’autres, parler de l’« amour fou de Dieu » ? Saint Paul nous y invite en nous apprenant que ce qui paraît sage aux yeux des hommes peut être folie aux yeux de Dieu, et inversement.

Ne cessons pas de méditer cette vérité forte, source de notre espérance.

Car nous nous lasserons plus vite de pécher que Dieu de pardonner.

Père Emmanuel DUFRESNE