5 septembre 2010 : 23e dimanche ordinaire

Lectures : Sg 9, 13-18b ; Ps 89, 3-6.12-14.17 ; Phm 9b-10.12-17 ; Lc 14, 25-33

De l’évangile selon Saint Luc

De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit :

Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour   marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple.

Quel est celui d’entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? Car, s’il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui : ‘Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever !’.

Et quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui vient l’attaquer avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander la paix. De même, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple.

LOUEZ DIEU, TOUS LES PEUPLES

Un universitaire anglais découvrit un jour le sens de la gratitude alors qu’il parlait à un socius. Il s’aperçut que le pauvre homme n’avait qu’un seul manteau et qu’il vivait dans de telles conditions qu’il n’avait même pas de lit. Pourtant, il était inhabituellement joyeux, plein de reconnaissance envers Dieu. « Pour quelles raisons remerciez-vous Dieu ? » demanda le maître avec un brin de sarcasme. Le porteur  sourit et, dans un esprit d’humilité, répondit avec joie : « je le remercie de ce qu’il m’a donné la vie et un corps, un coeur pour l’aimer, et, par dessus tout, un constant désir de le servir ! »

Telle est la vérité de la gratitude. Les psaumes nous y invitent constamment. Ceux de la liturgie du dimanche. Faisons-les nôtres !

Mon âme, bénis le Seigneur !
Que tout en moi bénisse son saint nom !
Mon âme, bénis le Seigneur,
et n’oublie aucun de ses bienfaits ! (Ps 103)

Bénir Dieu, c’est concrètement : s’agenouiller, dire du bien de lui, le saluer dans la prière. N’oublier aucun de ses bienfaits ? C’est se souvenir dans la prière et l’action de grâce des dons naturels et surnaturels reçus, des privilèges et des bénéfices accordés. A qui l’on a beaucoup donné il sera beaucoup demandé. Et la première requête de Dieu est la reconnaissance.

La bénédiction de Dieu compense notre trop habituelle disposition à la lamentation. Compter les bienfaits, c’est maintenir une perspective positive qui plaît à Dieu. Qui veut vivre auprès de ceux qui se plaignent constamment ?

Certes, d’une certaine manière, la vie tout entière est gémissement, comme le souligne 2 Corinthiens 5,2 : Aussi nous gémissons dans cette tente, désireux de revêtir notre domicile céleste par-dessus l’autre. Mais d’un autre, Dieu nous rappelle par Jérémie : Pourquoi l’homme vivant se plaindrait-il ? Que chacun se plaigne de ses propres péchés (Lm 3,39).

Et notamment dans nos rapports mutuels : Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères, afin que vous ne soyez pas jugés ; voici que le juge se tient devant la porte (Jc 5,9).

Dès lors, le fait d’énumérer les bienfaits, est un encouragement puissant contre notre tendance naturelle et charnelle de nous appesantir sur nos problèmes.

Et comme pour stimuler nos louanges, David énumère ce que Dieu fait…

C’est lui qui pardonne toutes tes fautes,
Qui guérit toutes tes maladies,
Qui rachète ta vie du gouffre,
Qui te couronne de bienveillance et de compassion,
Qui rassasie de biens ta vieillesse,
Qui te fait rajeunir comme l’aigle.
Le Seigneur fait justice, Il fait droit à tous les opprimés.
Il a fait connaître ses voies à Moïse, Ses hauts faits aux fils d’Israël.

Que chacun de vous, chers paroissiens, en ce début d’année, se hâte donc de creuser et de chercher les motifs de bénédictions qu’il peut avoir. Louez Dieu, tous les peuples !

Père Jacques Ollier