10 octobre 2010 : 28e dimanche ordinaire (C)

Lectures : 2 R 5, 14-17 ; Ps 97, 1-4a.6b ; 2 Tm 2, 8-13 ; Lc 17, 11-19

Evangile selon Saint Luc

Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »

En les voyant, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres ».

En cours de route, ils furent purifiés. L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain. Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous les dix n’ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ; il n’y a que cet étranger ! »

Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

La foi

Nous le savons, la foi ne se présente pas comme un acte unique. Elle augmente, diminue, se conforte. L’évangile de ce jour nous présente un cheminement dans la foi en quatre moments :

1er moment, la supplication : dix lépreux, tel un choeur antique, s’écrient : « Ἰησοῦ ἐπιστάτα, ἐλέησον ἡμᾶς » (« Jésus, maître, prends pitié de nous »). Le terme ἐπιστάτα qui est réservé aux disciples de Jésus a l’avantage de ne pas évoquer les écoles philosophiques, et d’inclure le sens d’autorité. La foi reconnaît la puissance à l’oeuvre dans l’existence du Christ.

2ème moment, le récit se poursuit : « allez vous montrer aux prêtres », ce qui était requis pour attester de sa guérison (Lévitique 14.2 : ‘Voici quelle sera la loi sur le lépreux, pour le jour de sa purification. On l’amènera devant le prêtre. Le prêtre sortira du camp, et il examinera le lépreux.’) La foi. Ils ne croient pas seulement en son pouvoir, mais en sa parole, puisque lorsqu’ils partent vers Jérusalem, ils ne sont pas encore guéris.

3ème moment, il y a un départ résolu et une conversion non moins ferme. L’un d’entre eux se retourne (ὑπέστρεψεν). Car la foi ne conduit pas à soi, mais à Dieu. Elle ne peut être considérée seulement comme un moyen. Elle honore, par la confiance qui lui est faite, celui qui tient parole.

4ème moment, l’action de grâce. La foi s’enrichit de la louange. Elle est le moment de la jouissance de l’acte de foi.

Nous retrouvons ici les quatre moments de tout acte moral :

  • l’intention (« prends pitié de nous »),
  • la décision (« allez ! »),
  • la constance (le retournement),
  • la jouissance de l’acte (la louange).

Seigneur, augmente en nous la foi !

Père Jacques Ollier