3 octobre 2010 : 27e dimanche ordinaire (C)

Lectures : Ha 1, 2-3 et 2, 2-4 ; Ps 94, 1-2. 6-9 ; 2 Tm 1, 6-8. 13-14 ; Lc 17, 5-10

Evangile selon saint Luc

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »
Le Seigneur répondit : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous obéirait.
Lequel d’entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : ‘Viens vite à table’ ?
Ne lui dira-t-il pas plutôt : ‘Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour.’
Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ?
De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : ‘Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n’avons fait que notre devoir.’ »

L’obéissance de la foi

Le passage de l’Évangile selon saint Luc que nous écoutons ce dimanche présente deux réalités en apparence diverses : la foi, et le devoir. La foi qui, en sa faiblesse, peut commander à un arbre d’aller se planter en mer. Le devoir : Nous ne sommes que d’humbles serviteurs. Nous n’avons fait que notre devoir.

Cette association par l’évangéliste de deux thèmes, sans rapport immédiat, n’est pourtant pas vaine. Elle reprend, sous la forme évangélique du récit, la théologie paulinienne de l’obéissance de la foi que nous trouvons au début de l’Épître aux Romains : « Paul, serviteur de Jésus Christ, appelé à être apôtre, mis à part pour annoncer l’Évangile de Dieu, qui avait été promis auparavant de la part de Dieu par ses prophètes dans les saintes Écritures, et qui concerne son Fils Jésus Christ notre Seigneur, par qui nous avons reçu la grâce et l’apostolat, pour amener en son nom à l’obéissance de la foi toutes les nations » (Rm 1, 1-5)

La foi qui obtient le salut. La grâce que nulle main ne peut arracher, mais que l’accueil de la foi permet de recevoir. Un salut, en somme, trop grand pour que nous nous le donnions à nous-mêmes, mais que nous pouvons humblement, recueillir. Comme le fit la Vierge dont la foi fut louée : « heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des promesses qui lui furent dites de la part du Seigneur. » (Évangile selon saint Luc 1, 45).

N’était la foi de Marie, nous n’aurions pas eu de sauveur. N’était notre foi, nous ne pourrions en aucun cas être sauvés. La foi « est le vaisseau où doit couler la miséricorde…Quel est celui que nous jugerons propre à recevoir la grâce ? Le baume demande un vase aussi pur que solide. Or, où trouver un vaisseau plus pur et plus solide que l’humilité du coeur ? Aussi,  est-ce avec raison que Dieu donne sa grâce aux humbles, et avec raison qu’il jette les yeux sur son humble servante. Pourquoi est-ce avec raison, me demandez-vous ? Parce qu’un coeur humble n’est occupé par aucun mérite humain qui empêche la plénitude de la grâce divine d’y couler en liberté ». (Saint Bernard 3ème sermon sur l’Annonciation, 25 mars 1150).

Seigneur, augmente en nous la foi !

Père Jacques OLLIER