21 novembre 2010 : le Christ, Roi de l’univers

Lectures : 2 S 5, 1 – 3 ; Ps 121, 1 – 7; Col 1, 12 – 20 ; Lc 23, 35 – 43

Evangile selon Saint Luc

On venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à regarder. Les chefs ricanaient en disant : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »

Les soldats aussi se moquaient de lui. S’approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée, ils lui disaient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Une inscription était placée au-dessus de sa tête : « Celui-ci est le roi des Juifs. »

L’un des malfaiteurs suspendus à la croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu n’as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. »

Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne. »

Jésus lui répondit : « Amen, je te le déclare : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Qui est ce roi de gloire ?

C’est par l’encyclique Quas primas du 11 décembre 1925 que le Pape Pie XI va instaurer la fête du Christ Roi.  Aujourd’hui, elle vient couronner le cycle de notre année liturgique. Elle préfigure la fin des temps où le Christ sera manifesté à tous les hommes comme le Seigneur du monde et de l’histoire.

Mais qui est ce roi de gloire ?

Ce roi, dont les joyaux sont une couronne d’épines, le sceptre, un roseau, le trône, successivement une crèche, une barque et une croix.
Ce roi, dont le royaume n’est pas de ce monde, mais qui règne sur la terre comme au ciel, sur le monde visible et invisible.
Ce roi, dont la loi fondamentale est une loi d’amour et de miséricorde.
Ce roi, dont les fidèles sujets sont des disciples qui ont pris la fuite dès la première adversité.
Ce roi, dont la cour sans faste se réduit à une mère éplorée soutenue par un jeune homme.
Ce roi, entouré de deux bandits, l’un maudissant et l’autre confessant.
Ce roi, dont le territoire revêt l’universel dans le temps et l’espace.
Ce roi, dont le seul pouvoir est le service.

Du Gloria à la Doxologie finale de la prière eucharistique en passant par le Credo, la liturgie de l’Église désigne à plusieurs reprises le Christ comme Roi. Si le règne du Christ doit grandir progressivement en nos coeurs pour transformer notre vie personnelle, gardons-nous de vouloir limiter la royauté de Jésus à cette seule dimension.

Certes la royauté du Christ ne saurait être imposée, au risque de mettre en cause la liberté religieuse de chacun et de  porter atteinte à sa conscience. Mais il ne s’agit pas pour autant de la cacher ou de la taire car il y va de la vérité de l’homme et de son bonheur. Alors dès maintenant le règne de Dieu doit être, pour reprendre la préface de la messe de ce jour, un règne de vie et de vérité pour le monde, de grâce et de sainteté, de justice, d’amour et de paix.

Père Stanislas LEMERLE