12 décembre 2010 : 3e dimanche de l’Avent – Année A

Lectures : Is 35, 1 – 6a.10 ; Ps 145, 7 – 10 ; Jc 5, 7 – 10 ; Mt 11, 2 – 11

Evangile selon Saint Matthieu

Jean le Baptiste, dans sa prison, avait appris ce que faisait le Christ. Il lui envoya demander par ses disciples : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »

Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! »

Tandis que les envoyés de Jean se retiraient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés voir au désert ? un roseau agité par le vent ?… Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme aux vêtements luxueux ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Qu’êtes-vous donc allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : ‘Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour qu’il prépare le chemin devant toi.’ Amen, je vous le dis : Parmi les hommes, il n’en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. »

« Le plus grand des enfants des hommes »

Jean le Baptiste se voit conférer ce titre par Jésus lui-même. L’Église, au long des siècles, a recueilli avec attention cet honneur que lui rendait le Christ. Les mosaïques de la crucifixion le représente debout, au pied de la croix, en vis-à-vis de Marie. N’est-il pas, en effet, celui qui désigne l’Agnus Dei ? Nous en trouvons encore le témoignage dans un tableau de la Renaissance, sous le pinceau de Matthias Grünewald. De son long doigt, le Baptiste invite les fidèles à reconnaître dans le Messie crucifié, l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Sur un phylactère, on peut lire à côté de lui : illum  oportet crescere, me autem minui (il faut que Lui grandisse et que moi je diminue).

Sans doute lui aura-t-il fallu réaliser cet abaissement pour comprendre vraiment ce que le Christ venait accomplir. Et quelle figure son œuvre de salut devrait prendre. Nous en trouvons un témoignage dans la page de l’évangile que nous lisons ce dimanche.

Jean Baptiste en prison invite ses disciples à aller demander à Jésus : Es-tu Celui qui vient ? A cette interrogation Jésus répond : allez rapporter à Jean ce que vous voyez. Les aveugles voient, les sourds entendent…

Mais alors, pourrait-on prêter au Baptiste comme réaction, il n’est pas tel que je l’avais annoncé : « Il a son van à la main; il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point. » (Matthieu 3). Ce texte que  nous avons entendu dimanche dernier, présentait un jugement imminent. Or voici le  jugement que Jésus délivre : « les aveugles voient, les boiteux marchent… » Reconnais en cela, dit Jésus au Baptiste, la venue du Messie que tu as annoncé. J’inaugure une création nouvelle qu’Isaïe entrevoyait de loin : « Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. Alors s’ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf et la bouche du muet criera de joie. »

Sans doute le Baptiste l’aura t-il reconnu et se sera-t-il abaissé pour accueillir l’évangile du Christ.

Le temps de l’Avent est celui de la reconnaissance de celui qui vient. Serons-nous assez humbles pour reconnaître la nouveauté de sa venue ? Aujourd’hui et demain ?

P. Jacques Ollier