6 mars 2011 : 9e dimanche du temps ordinaire (A)

Lectures : Dt 11, 18.26-28 ; Ps 30, 3-4.17.20.24.25 ; Ro 3, 21-25a.28 ; Mt 7, 21-27

Evangile selon Saint Matthieu

Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Il ne suffit pas de me dire ‘Seigneur, Seigneur !’, pour entrer dans le Royaume des cieux ; mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux.

Ce jour-là, beaucoup me diront : ‘Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons été prophètes, en ton nom que nous avons chassé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?

Alors je leur déclarerai : ‘je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui faites le mal !’

Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé et s’est abattue sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.

Et tout homme qui écoute ce que je vous dis là sans le mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la  tempête a soufflé, elle a secoué cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »

Quadragesima…

Le carême était à l’origine destiné aux catéchumènes qui devaient recevoir le baptême à Pâques. Leur dernier entraînement avant le baptême prenait la forme de 40 jours(1) de préparation intense. Assez vite le carême fut étendu à tous les saints de l’Église, c’est-à-dire à ceux qui avaient déjà reçu le baptême. Le Corps mystique du Christ accompagnait dans le jeûne, la prière et l’aumône les jeunes pousses de l’Église. L’extension du carême à l’ensemble de l’Église mettait ainsi en œuvre le theologoumenon de l’Apôtre Paul devenu vérité de foi :

« Dieu a organisé le corps (de l’Église) de telle façon qu’on porte plus de respect à ce qui en est le plus dépourvu : il a voulu qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres. Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie.  » (1 Co. 12, 24-26)

En priant nous nous attachons à Dieu et avec nous, tous ceux qui sont de notre chair. Le jeûne2 nous apprend que  notre vie ne tient pas seulement à ce que nous nous donnons, mais à ce que nous recevons de Dieu, et de nos proches.  L’aumône nous retourne vers cette vérité fondamentale du christianisme : Dieu a souci du pauvre et du faible dont il sauve la vie. Tels sont les trois piliers du carême. Les appliquer ne consiste pas à nous priver de tout pendant quarante jours. J’en vois certain qui entrent en carême comme ils font leur valise pour partir en vacances. Ils en mettent trois fois plus qu’ils n’en utiliseront. Et tout au long des pérégrinations vacancières la valise pèse, pèse, pèse. Prendre de trop grandes intentions de réforme peut parfois s’avérer utile, mais n’est pas toujours profitable.

Je vous propose de canaliser votre effort de carême. Choisissez non pas une posture générale, mais de progresser auprès de telle ou telle personne. Dire du bien d’une personne à Dieu dans ma prière. Vouloir son bien et le demander à Dieu. Ce peut être un proche, un conjoint, une personne dont on a perdu la trace.

Faire un jeûne de médisance, de malveillance ou de rancoeur. Arrêter de rabâcher sur une personne. Pour ce faire,  dire du bien d’elle à ceux qui la connaissent. Dire du bien d’elle à Dieu.

Faire à cette personne la charité de notre abstinence d’accusation ou d’hostilité. Faire à Dieu la charité ou l’hommage de ne pas restreindre l’étendue de sa grâce ou de son pouvoir bienveillant. Souvenez-vous « Dieu fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants » (Mt 5, 45). Que votre bonté s’élève chaque matin sur ceux que vous aimez, et aussi sur celui ou celle que vous n’aimez pas ou que vous n’aimez plus.

En cette année de la famille et de la jeunesse je vous propose en particulier de faire effort dans votre cercle familial. Pour que ces efforts portent fruits, je vous invite à réciter en famille, à tour de rôle, cette prière avant chaque repas :

Dieu Notre Père,
Béni sois-tu pour notre famille.
Regarde avec tendresse chacun de ceux qui la composent
(ici citer les prénoms des enfants, des parents …)
Garde-nous dans l’unité.
Pardonne-nous nos torts.
Et rassemble-nous dans ta paix, par Jésus le Christ notre Seigneur.
Amen

Père Jacques Ollier, Curé de la paroisse

(1) Le nombre quarante est symbolique de la durée d’une grossesse : 40 semaines pour naître.
(2) Le jeûne consiste à se priver substantiellement de nourriture, et non à ne rien manger.