24 avril 2011 : Pâques, Résurrection du Seigneur

Lectures : Ac 10, 34a.37-43 ; Ps 117, 1-4 ;16-17 ;22-23 ; Col 3, 1-4 ; Jn 20, 1-9

De l’Evangile selon saint Jean

« Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu’il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a mis. »

Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau.

Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.

En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n’entre pas.

Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.

C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.

Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas vu que, d’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.»

« Voici que je fais toutes choses nouvelles »

Dans le dernier chapitre du second Tome de Jésus de Nazareth, Joseph Ratzinger, notre pape Benoît XVI, signale que la résurrection du Christ n’est pas la simple réanimation d’un mort. « ‘Dans la résurrection du Fils de l’homme’ quelque chose de totalement différent [s’est] produit. La Résurrection de Jésus fut l’évasion vers un genre de vie totalement nouveau, vers une vie qui n’est plus soumise à la loi de la mort et du devenir mais qui est située au-delà de cela – une  vie qui a inauguré une nouvelle dimension de l’être-homme. C’est pourquoi la Résurrection de Jésus n’est pas un événement singulier, que nous pourrions négliger et qui appartiendrait seulement au passé, mais elle est une sorte de ‘mutation décisive’ […], un saut de qualité. Dans la Résurrection de Jésus, une nouvelle possibilité d’être homme a été atteinte, une possibilité qui intéresse tous les hommes et ouvre un avenir d’un genre nouveau pour les hommes »

« C’est pourquoi, à juste raison, Paul a uni de manière indissociable la résurrection des chrétiens et la Résurrection de Jésus : ‘car si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité… Mais non, le Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis’ (1 Co. 15, 16.20) Ou bien la Résurrection du Christ est un événement universel ou elle n’est pas, nous dit Paul.

Et c’est seulement dans la mesure où nous la comprenons comme un événement universel, comme inauguration d’une nouvelle dimension de l’existence humaine, que nous sommes sur la voie d’une interprétation juste du témoignage sur la Résurrection telle qu’elle se présente dans le Nouveau Testament. »

«A partir de cela, nous pouvons comprendre l’originalité de ce témoignage néotestamentaire. Jésus n’est pas revenu à une vie humaine normale de ce monde […]. Il est sorti vers une vie différente, nouvelle –vers l’immensité de Dieu et partant de là, il s’est manifesté aux siens. »

« … cela peut-il être en opposition avec la science ? Est-ce que vraiment il ne peut exister que ce qui a existé depuis toujours ? Est-ce que quelque chose d’inattendu, d’inimaginable, quelque chose de nouveau ne peut pas exister ? Si Dieu existe, ne peut-il pas, lui, créer aussi une dimension nouvelle de la réalité humaine ? de la réalité en général ? La création n’est-elle pas, au fond, en attente de cette ultime et plus haute ‘mutation’, de ce saut décisif de qualité ? N’attend-elle pas l’unification du fini avec l’infini, l’unification entre l’homme et Dieu, le dépassement de la mort ? »

(J. RATZINGER, BENOIT XVI, Jésus de Nazareth, éd. du Rocher, 2011, pp. 278-279 ; 281)