12 juin 2011 : Solennité de la Pentecôte

Lectures : Ac 2, 1 – 11 ; Ps 103, 1.24.29 – 31.34 ; 1 Co 12 , 3b – 7. 12 – 13 ; Jn 20, 19 – 23

Evangile selon saint Jean

C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.

Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.

Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »

Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l’Esprit-Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »

L’Esprit est la Vérité du corps

Des trois personnes de la Trinité, l’Esprit, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, est Celle que la Bible met le plus en rapport avec le corps. Sans doute en son Fils incarné, Jésus Christ, Dieu assume-t-il personnellement un corps. Aussi saint Paul peut-il écrire : « en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité » (Col. 1,15-16). Mais vous remarquerez que les évangiles, qui sans cesse rapportent les déplacements physiques, les actions temporelles, les passions et jubilations de la chair du Christ, se fondent sur l’événement initial de la conception du Christ. Ecoutons à nouveau l’annonce à Marie :- « L’ange entra et la salua : réjouis-toi, sans-cesse-comblée-de-grâce… Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils… – « Comment ? » demanda-t-elle. – « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint et sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1,31-35).

L’Esprit est le principe d’harmonie du chaos originel signifié par le verset initial de la Genèse : « Or la terre était tohu et bohu, les ténèbres couvraient l’abîme, l’Esprit de Dieu planait sur les eaux » Gn 1. L’Esprit que nous proclamons dans notre Credo, Co-créateur (« Il est Seigneur et il donne la Vie »), l’Esprit qui fut au commencement le principe intérieur d’organisation du cosmos, de la même manière, dans le corps de la Vierge, ordonne son corps à la conception du corps du Christ.

Mais la présence de l’Esprit au corps ne s’achève pas là. L’Esprit est sur le Corps du Christ à naître dans la Pentecôte. Et nul ne peut se tromper sur la date originelle de la naissance de l’Eglise : à qui sait compter, demandons de compter. Qui sont ceux qui se trouvent là réunis, dans la chambre haute, cénacle de l’institution de l’Eucharistie ? Marie et les douze, les  femmes et la famille de Jésus (Ac. 1,14). De même que le corps du monde fut façonné par l’Esprit de Dieu au commencement, de même que le corps du Christ fut façonné à l’intersection de la libre réponse d’une femme et de son corps, sous le souffle de l’Esprit, de même l’Eglise est-elle façonnée par l’Esprit en ce jour de Pentecôte. Les Douze et Marie et les femmes et la famille de Jésus ne sont plus seulement disciples et amis. Ils deviennent le Corps du Christ.

De même, c’est par la consécration spirituelle de l’Esprit qu’un pisciculus (1 )» est incorporé au Christ.

C’est par la consécration spirituelle de l’Esprit que le pain azyme de la messe devient le Corps du Christ.

Que nous disent ces mystères ? Que notre corps, tout le Corps de l’Eglise, trouvera son véritable achèvement en sa forme définitive, en la plénitude de l’Esprit Saint en nous. Chair transfigurée par l’Esprit. Corps semé terre et ressuscité esprit.

S’il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel. C’est pourquoi il est écrit : Le premier homme, Adam, devint une âme vivante. Le dernier Adam est devenu un esprit vivifiant. Mais ce qui est spirituel n’est pas le premier, c’est ce qui est animal ; ce qui est spirituel vient ensuite. Le premier homme, tiré de la terre, est terrestre ; le second homme est du ciel. Tel est le terrestre, tels sont aussi les terrestres ; et tel est le céleste, tels sont aussi les célestes. Et de même que nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste. » 1 Co. 15, 44-49

Père Jacques Ollier

(1) Petit poisson, terme qui désigne dans l’antiquité chrétienne, le nouveau baptisé.