Golgotha Picnic : recommandation de M. le Curé

Alors que des chrétiens peuvent légitimement se sentir blessés par la représentation diffamatoire d’images du crucifié, et tandis que certaines associations, se revendiquant catholiques, cherchent à exploiter, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Église, un malaise qu’a heureusement dissipé l’intervention de l’épiscopat français, il revient à chacun de discerner ce qui vaut combat et ce qui ne le mérite pas. Car il est des chemins d’artiste qui peuvent conduire à l’adoration véritable. Il faut donc savoir compter sur ceux à qui Dieu donne le pouvoir des mots, des images, des sons. Il faut chercher ce que montrent les oeuvres artistiques et ne pas juger trop vite à partir d’une coupure de presse, d’un flash radio ou de propos rapportés.

En revanche, lorsque notre foi et notre attachement à la personne du Christ reçoivent un traitement déshonorant, peuvent et doivent prendre parti tous les chrétiens et les hommes et femmes de bonne volonté. Car il ne faut pas s’y tromper. Ce n’est pas seulement le Christ qui est alors défiguré, mais notre foi, la civilisation européenne aux racines judéo-chrétiennes, qui s’enrichit de tant d’amour pour l’humanité – avec des fautes parfois – tant d’attention aux personnes, tant d’intérêt pour l’intelligence, pour le savoir, tant de beauté mise en oeuvre ou recommandée.

A partir du 8 décembre se tiendra, au théâtre du Rond-Point, un spectacle dégradant pour le christianisme : Golgotha Picnic. Il offense et offensera. Car il veut engendrer la peur de la culture chrétienne, représentative pour l’auteur d’un monde d’hyperconsommation.

Les chrétiens sont actifs dans la cité et solidaires de nombreuses causes. Qu’on les respecte ! De nombreux citoyens non- chrétiens partagent notre réprobation « Rappelons que ce n’est pas parce que le christianisme fut sociologiquement majoritaire qu’il doit être aujourd’hui le fusible d’hystéries culturelles », écrit le porte-parole de l’épiscopat. En novembre 2009, l’Union Européenne a rappelé son attachement résolu à la promotion et à la protection de la liberté religieuse.

Notre réponse, celle qui semble la plus adéquate dans le climat de récupération actuelle, consiste à honorer le Christ en un acte positif de réparation. Le cardinal André Vingt-Trois invite donc ceux qui le souhaitent à se joindre à lui le

jeudi 8 décembre à 20 heures

pour une veillée de prière à Notre-Dame, au cours de laquelle seront proposées une méditation de la Passion du Christ et la vénération de la sainte Couronne d’épines.

Par ailleurs, nous ne cesserons pas à Saint-Étienne-du-Mont notre activité caritative auprès des personnes de la rue pour les restaurer, les héberger, les consoler, les visiter. Plus de 40 jeunes gens agrégés à la Conférence Saint-Vincent-de-Paul sont nos mains, nos lèvres, nos coeurs, pour leur dire notre attachement. Nous ne cesserons de proclamer et de mettre en oeuvre le projet du fondateur du christianisme : un royaume de justice et de paix. Le christianisme s’est toujours  intéressé à toute la condition humaine, sans exclusive et en toutes ses dimensions. Elle ne cessera pas de le faire demain.

Père Jacques Ollier