« Le soir ou au milieu de la nuit, au chant du coq ou le matin » (Mc 13, 33-37)

Le Seigneur invite chacun d’entre nous durant le temps de l’Avent à l’éveil.

En quoi consiste cet éveil ? Bien sûr il regarde avant tout sa venue. « Le soir ou au milieu de la nuit, au chant du coq ou le matin ». Cette quadruple mention temporelle signifie les quatre types de venues du Christ. Il vient

  • dans la création – le soir (chaque jour de la création commence le soir),
  • dans la chair – au milieu de l’histoire,
  • dans l’Église – au chant du coq, en sa résurrection,
  • dans le matin qui ne connaît pas de fin – au terme de nos existences.

Il vient assurément. Il vient à nous dans son acte créateur, dans la parcelle de création que nous sommes. Il s’entretient avec nous dans son Livre. Il nous donne sa grâce dans l’Église. Là encore il nous relève et nous guérit, nous console par sa présence. Il viendra enfin pour faire toutes choses nouvelles, quand il essuiera toute larme de nos yeux (Ap. 14, 21).

Veiller, consiste donc principalement à reconnaître ses visites. Avec espérance et assurance.

Veiller consiste aussi, dans le cours ordinaire de nos existences à exercer, comme le dit la parabole de ce jour, l’autorité qu’il nous confère. L’exousia – c’est-à-dire le pouvoir qu’il nous confie – nous oblige, aux deux sens du terme. Il nous honore et nous conduit à nous mobiliser.

Cette mobilisation trouve son expression concrète dans la charité. Elle est pour nous le milieu où il se manifeste. Reconnaître sa présence passe nécessairement par l’exercice de la charité. De l’amour fraternel. Car nous n’aimons pas seulement par nous-mêmes, mais par lui, avec lui, en lui. Dans nos familles, dans notre communauté paroissiale, auprès des plus pauvres.

L’année « Éthique et solidarité » que propose le diocèse vient nous rappeler cette nécessité. Sans doute nous ne pouvons pas tous nous mettre au service des personnes les plus démunies. Mais certains parmi nous le font pour nous. Il nous revient de les soutenir. C’est ce que nous faisons durant nos Journées d’Amitié, puisque le bénéfice qui en ressortira servira à la mise à disposition de sanitaires décents pour les gens de la rue à qui un petit déjeuner est offert chaque samedi et que nous hébergeons durant les mois de janvier et févier.

Je remercie d’avance ceux et celles qui participeront à ces Journées. Elles offrent l’opportunité à tous de vivre la charité où Dieu se dit mieux que nulle part.

« Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour » (Avisos, 57 ; SAINT JEAN DE LA CROIX).

Père Jacques OLLIER