Gaudete

Gaudete in Domino semper : iterum dico, gaudete.

Ainsi s’ouvre la liturgie de ce troisième dimanche de l’Avent, nous laissant déjà apercevoir la joyeuse lumière de Noël au milieu de l’obscurité de notre monde tourmenté et de son actualité morose avec son cortège de faits divers plus ou moins tragiques sur fond de crise financière. Dans ce contexte peut-on encore parler de joie ? N’est-ce pas de l’insouciance, une illusion voire une provocation ou une consolation en forme de parenthèse qui s’évanouira avec les bilans de fin d’année, la baisse du pouvoir d’achat et l’effondrement du CAC 40 ? L’enthousiasme risque de vite retomber devant le cortège de paillettes éphémères, la débauche d’une consommation effrénée et à crédit à tel point qu’on en a oublié le sens de Noël au profit d’une vision infantile.

Et pourtant en ce dimanche, nous faisons mémoire de la joie de David dansant devant l’Arche, joie d’Isaïe qui tressaille de joie dans le Seigneur, joie du Bon Pasteur retrouvant la brebis perdue ou celle du père prodigue embrassant son fils, joie de l’aveugle recouvrant la vue, mais également joie de l’annonce d’un mariage, joie de la naissance et du baptême d’un enfant, joie des retrouvailles familiales, joie du devoir accompli, joie d’un pardon donné, d’un pardon reçu.

Cette joie se traduit par des manifestations extérieures, nos rues s’illuminent, la Tour Eiffel scintille, nos intérieurs se parent, autant de signes nous rappelant qu’un événement approche, qu’un avènement se prépare. Mais qu’attendons-nous ?

La perspective de Noël réveille parfois quelques vieux démons qui s’alimentent sur le dos de vieilles querelles ou de quelque stérile nostalgie. Mais l’Avent demeure une période d’attente joyeuse et nous pouvons nous poser la question : qu’attendons-nous ?

Attendons-nous des jours meilleurs, des lendemains qui chantent, comme le beau temps après la pluie ? Certes non. Alors qu’attendons-nous vraiment ? Nous attendons la venue du Christ dans la gloire. Telle est notre véritable attente, notre authentique espérance. Adressons alors cette prière au Seigneur : « Dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère. »

Père Stanislas Lemerle