La foi n’est pas seulement une connaissance. Elle est un acte d’adhésion.

La Parole de Dieu dans l’Ancien Testament rapporte la foi à une adhésion, une solidité donnée par Dieu. L’Amen que nous prononçons à la fin de chaque prière se réfère en hébreu à ce qui est solide. Amen tire en effet son origine du verbe hébreu aman qui signifie « être ferme, fiable, solide, durer, rester ». Plusieurs mots hébreux sont construits à partir de ce verbe : Emouna : la foi, Emet : la vérité, Amana : la confiance, Amna : vraiment, assurément.

On trouve en Isaïe 7, 9 une évocation du sens à donner à la foi : « א תַאֲמִינוּ  א תֵאָמֵנוּ אִם  כִּי », (Si vous ne croyez pas, vous ne tiendrez pas). Les deux verbes renvoient l’un à l’autre et trouvent un sens dans leur apposition. Tenir/Croire.

Dans le Nouveau Testament, la foi prend la forme d’une adhésion à la personne du Christ. Adhésion de l’intelligence et du coeur.

On trouve plus tard ces deux aspects dans l’enseignement des Pères de l’Église et dans le Magistère. Ainsi, la constitution conciliaire, Dei Filius, au concile de Vatican I, définit-elle la foi comme la «pleine soumission de l’intelligence et de la volonté à Dieu qui révèle». Au concile Vatican II, un siècle plus tard, on lit dans la constitution Dei Verbum que la foi consiste à s’en remettre « tout entier librement à Dieu ».

La foi est donc un acte libre. Mais elle est avant tout un don de Dieu. La première des grâces.

Je crois avec mon intelligence et avec toute mon affection. J’adhère à ce que Dieu révèle de Lui, à ce qu’il dit de son dessein bienveillant, à ce qu’il dit de l’humanité, avec mon intelligence et mon coeur, c’est-à-dire avec ma volonté.

Les démons ont connu le Christ : « tu es le saint ! » Mais ils n’ont pas cru en lui. Car pour cela il eût fallu qu’ils adhèrent à lui, qu’ils fassent un avec lui. Ils ne l’ont pas voulu. Aussi se sont-ils perdus eux-mêmes.

« Jésus-Christ sans bien et sans aucune production de science au dehors, est dans son ordre de sainteté. Il n’a point donné d’inventions ; il n’a point régné ; mais il a été humble, patient, saint devant Dieu, terrible aux démons, sans aucun péché. Ô qu’il est venu en grande pompe, et en une prodigieuse magnificence aux yeux du coeur, et qui voient la sagesse ! »

Père Jacques OLLIER