Le carême

Nous entrons dans le temps liturgique du carême. Et chacun de redouter un peu ce temps traditionnellement considéré comme celui de la pénitence.

Mais n’est-il qu’un temps de pénitence ? Devons-nous le regarder comme un simple exercice de restriction alimentaire, comme un moment privilégié pour perdre quelques kilos ou nous arracher à l’étreinte de la matière qui nous tient si bien ? Non ! Avant tout le carême est un temps où Dieu est plus disposé à nous faire grâce qu’Il ne l’est habituellement. Car il est le temps où Il se prépare à nous donner ce qu’Il a de plus cher, ce qui lui est le plus agréable : son propre Fils. Comment ne saurait-Il nous communiquer mille grâces, tandis qu’Il s’apprête à nous livrer la source de toute grâce ?

Entrons dans ce carême, l’âme non inquiète, mais prête à recevoir ce  que Dieu veut nous offrir. Ne nous demandons pas d’abord : que vais-je faire pour le carême ? Mais demandons-nous : Qu’est-ce que Dieu va faire pour moi pendant le carême ? « Demandez, vous recevrez, frappez et l’on vous ouvrira ». Telle est la consigne de Jésus à ses disciples. « Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe (Mt. 7,7-8).»

Et si quelqu’un a peur d’interroger, en son for intérieur, Dieu qui nous parle et nous aime et nous veut du bien, qu’il L’entende nous dire : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? (Lc 18, 43) »

Alors, humble et pourtant plein d’audace, nous oserons demander : « Seigneur, tu peux me guérir (ibid.) ». De mes doutes, de mes peurs, de mes scrupules. Tu peux me délivrer de mon mal, de ma prison, de mes ornières. Tu peux me libérer de mon orgueil, de ma duplicité, de mes passions. Je te le demande aujourd’hui, comme je te le demanderai chaque jour, sans faillir, tout au long de ce carême. Je ne te prie pas seulement pour moi mais pour tous ceux que le Père t’a donnés. Pour tous les enfants de Dieu. Et en particulier pour les catéchumènes qui viendront, dans la nuit de Pâques, aux rives du Jourdain, recevoir le baptême de délivrance et d’adoption.

Je te prie pour ceux qui désespèrent d’eux-mêmes et donc de toi. Je te prie pour ceux qui n’ont plus ni espérance, ni foi, et qui ne parviennent plus à comprendre qu’il n’y a qu’une chose en cette vie qui mérite qu’on la vive : être aimé de toi.

Père Jacques OLLIER, curé