Incrédulité

Thomas l’Apôtre doit avoir pensé que ses amis étaient en proie à une hallucination collective, tellement le choc de la condamnation du Maître avait été rude. Jésus, ressuscité, apparaît dans la même salle où les disciples l’avaient vu prendre le dernier repas ; au pire ils ont perdu l’esprit ; au mieux ils sont victimes d’un escroc qui profite d’une ressemblance avec Jésus pour les abuser.

Certains témoins ont eu ces doutes depuis le jour de la Résurrection, mais eux aussi, comme l’Apôtre saint Thomas, ont eu la chance de rencontrer le Christ Ressuscité et, comme lui, se sont exclamés « Mon Seigneur et mon Dieu » avant de changer de vie dans une véritable conversion.

Nos contemporains sont comme tous ceux qui les ont précédés, avides de preuves tangibles, irréfutables. Le récit de ces témoins qui se sont convertis après une rencontre personnelle avec le Fils du Père ne leur semble pas convaincant.

Les démons du doute sont là ; il est difficile de les mettre en fuite, sauf par la prière et le jeûne (cf. Matthieu 17,21). Les chrétiens doivent avoir pourtant une vie en conformité avec l’Évangile pour continuer de témoigner efficacement, et c’est en voyant les disciples actuels du Christ que les sceptiques pourront rencontrer le Sauveur et dire à leur tour « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Chaque chrétien a, dans sa vie personnelle, une rencontre spécifique avec le Seigneur. Cela peut être dans le cadre de l’institution de l’Église. Mais l’Esprit souffle où il veut. Cette rencontre peut aussi avoir lieu en dehors de la communauté, comme dans le cas de Saül, converti sur le chemin de Damas, qui, de persécuteur des adeptes de Jésus, devient l’Apôtre des Gentils à partir de ce face-à-face avec le Christ.

Appuyons-nous sur les rencontres que nous faisons avec le Ressuscité pour aller vers les autres et leur annoncer le Salut offert à tous.

Père Anatole DÉDÉGBÉ