« Je suis, moi, la Vigne, la véritable »

L’affirmation du Christ, « Je suis, moi, la Vigne, la véritable » reçoit sa signification du segment de phrase qui suit : « et mon Père est le Vigneron ».

La figure à laquelle s’identifie Jésus est la vigne dont parlaient les prophètes.Vigne plantée jadis par Dieu et objet de ses soins et de ses espoirs : la communauté de l’alliance. La vigne occupe le coeur et l’esprit de Dieu, le vigneron. Il l’entretient, veille à ce qu’elle donne de bons raisins, et un vin délectable. Ainsi parle le poète biblique :

La vigne que tu as prise à l’Égypte,
tu la replantes en chassant des nations.
Tu déblaies le sol devant elle,
tu l’enracines pour qu’elle emplisse le pays.
Son ombre couvrait les montagnes,
et son feuillage, les cèdres géants ;
elle étendait ses sarments jusqu’à la mer,
et ses rejets jusqu’au fleuve. (Psaume 79)

Jésus s’identifie à cette Vigne. « Moi, je suis la Vigne ». Ainsi dit-il son lien avec la communauté de l’Alliance choisie par Dieu. Il en est l’héritier. Mais l’affirmation de Jésus se double d’une prétention. Il n’est pas seulement la Vigne, il est la Vigne véritable. La communauté que Dieu rassemble et qui doit fructifier pour sa gloire trouve en Jésus son expression parfaite, accomplie. Il est la Vigne, travaillée par le Père, qui donne du fruit en son temps. Fruit de grâce et de bonté, de vérité et de liberté. Tout sarment qui se trouve attaché à lui, est un fruit de grâce, de bonté, de vérité et de liberté.

Nous sommes les fruits que porte en lui, le Christ, véritable Vigne du Père. C’est par Lui, avec Lui et en Lui que nous devenons véritablement bons, vrais et libres. Non pas que ces qualités ne soient pas à quelque degré, naturelles chez beaucoup. Mais leur achèvement, leur accomplissement, leur perfection ne peuvent être atteints sans que la sève de la Vie du Christ coule en nos veines.

Les sacrements, le baptême, la confirmation, le mariage, l’eucharistie nous communiquent la vie du Christ. Vie de grâce, de vérité, de liberté. Qui en fait l’expérience le réalise. Que les fiancés que nous accueillons en ce jour et qui feront alliance dans le Christ goûtent la joie de recevoir du Christ un surcroît d’amour, de liberté, pour s’aimer véritablement, de l’amour même du Christ, un amour donné, un amour unique.

Père Jacques OLLIER