Souvenez-vous !

La célébration des premières communions des enfants du catéchisme, de l’école Sainte-Geneviève et de l’aumônerie d’Henri IV, dans notre paroisse peut être l’occasion pour chacun, jeune ou moins jeune, de se souvenir de cet événement à l’instar de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qui écrivait : « Enfin le beau jour de ma première communion arriva, jour sans nuages, jour le plus beau de ma vie avec celui de ma profession religieuse… Beau jour entre les jours, ton souvenir me reste comme un fidèle ami, dont rien ne m’a séparé, Tu m’apparais toujours, transparent azuré comme au Temple le soir, une vapeur céleste sur le Tabernacle sacré. »

De même le pape Jean-Paul II s’adressant aux enfants leur disait :
« Chers enfants, la première communion est sans aucun doute une
rencontre inoubliable avec Jésus ; c’est un jour qu’il faut se rappeler
comme l’un des plus beaux de sa vie… En outre, ce jour de la première
communion est une grande fête dans la paroisse. Je me rappelle comme si
c’était hier le jour où, avec mes camarades, je reçus pour la première fois
l’eucharistie dans l’église paroissiale de ma ville natale. On a l’habitude de
fixer cet événement par une photo de famille, pour qu’il ne soit pas oublié.
De telles photos suivent en général une personne pendant le reste de ces
jours. Avec le temps, on revit, en tournant les pages de l’album,
l’atmosphère de ces moments, on revient à la pureté et à la joie que l’on a
éprouvées dans la rencontre de Jésus qui par amour, s’est fait Rédempteur
de l’homme. »

Ce réveil de notre mémoire, ne consiste pas seulement, pour nous, à tourner les pages d’un album aux photos un peu jaunies, animés par la stérile nostalgie d’un passé définitivement révolu.

Contre ce risque sentimental, heureuse est la tradition d’images de communion, dont les plus sages d’entre nous gardent un souvenir ému, mais aussi nourrissant. Illustrées par un dessin ou une photo, accompagnées par une phrase édifiante ou d’un verset de l’Écriture, glissées dans un missel, un livre de chevet, ou quelque lecture spirituelle… elles nous aident à faire mémoire, rappelant que le Seigneur est avec nous jusqu’à la fin du monde dans le quotidien de nos existences.

Cet éveil de la mémoire que nous faisons à chaque Eucharistie est non seulement le souvenir d’un événement historique, le sacrifice du Christ, mais la manière la plus évidente de le rendre présent, vivant et agissant. De la sorte, il incorpore en lui, le monde, l’Église et nous-mêmes, pour que nous portions des fruits de grâce.

Le cartouche du vitrail dit du « pressoir mystique » dans le cloître de notre église nous le rappelle en nous confiant cette béatitude. « Heureux, chrétien, si tu crois fermement que Dieu pour te sauver a souffert à la croix et que les sacrements, retenus à l’église, en son sang précieux ont eu commencement. »

Père Stanislas LEMERLE