Benedices coronæ anni benignitatis tuæ (Ps 64,12)

Chaque entrée académique, chaque réveil d’activités professionnelles, associatives, chaque commencement apporte son lot d’appréhensions, de doutes et de craintes. Que sera cette année ? Quels événements viendront émailler son cours ? Que deviendrai-je ?

À cet habituel questionnement circonstanciel se joint cette année la juste crainte que font peser des décisions politiques et morales qui mesurent précisément la situation spirituelle d’une majorité de Français. Les réformes envisagées à propos du mariage, de l’adoption, de l’euthanasie manifestent assez le refus pratique –sinon idéologique- du Dieu bon,  créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible, de l’homme et de la femme, pour qu’ils soient un comme lui, et par là deviennent créateurs comme lui, bons comme lui.

Les perspectives sont telles que l’on pourrait bien broyer du noir. Mais parce que nous croyons à la bonté de Dieu, parce que nous croyons qu’il a fait toutes choses bonnes, ne devons-nous pas espérer qu’il nous bénisse encore et toujours ? Bien sûr nous ne pouvons être dupes. Ni bêtes. Il nous faudra batailler pour affirmer la bonté créatrice de Dieu. « Je sais que Dieu a dans les trésors de sa grâce des moyens pour vaincre cette résistance … mais il lui (faudra), employer plus d’effort que pour la création parce que les passions de l’âme s’opposent plus à l’opération de Dieu que le néant, puisque le néant n’est pas capable de résister à la majesté divine. » Saint Jean de la Croix.

Mais dans un premier temps, et pour faire honneur à la bonté de Dieu, ne devons-nous pas, avec le psalmiste prier Dieu de « couronner cette année de bienfaits » ? Commençons l’année comme Dieu commença sa création. En la bénissant. « Plus il semble que les temps soient mauvais, plus Dieu offre sa grâce »

P. Ollier