Rentrée paroissiale

Une paroisse. Le terme est attesté très tôt dans la Bible. Il signifie exactement : un séjour hors de chez soi (voir Actes des Apôtres 13, 17 ou Sagesse 19, 10). L’exil hors de la terre promise est signifié de la sorte. Le mot peut signifier aussi la communauté, le voisinage, la terre.

L’église a adopté ce vocable pour désigner l’espace géographique « qui comprend tous les fidèles du territoire donné » (Code de droit Canon 518). Il peut paraître étrange que l’on ait choisi ce mot. Comment peut-on admettre que la paroisse soit une terre d’exil ? Qu’elle soit un voisinage, une terre, on le saisit bien. Mais un lieu d’exode ? Ce faisant, l’Église prend à son compte les paroles de son Seigneur à propos de ses disciples qui sont « dans le monde, mais non du monde » (Évangile selon saint Jean 17, 11-19). Un très ancien texte des premiers temps du christianisme, La lettre à Diognète, traduit cette double appartenance en une série de formules ciselées :

« Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes. Car ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils n’emploient pas quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n’a rien de singulier. Leur doctrine n’a pas été découverte par l’imagination ou les rêveries d’esprits inquiets ; ils ne se font pas, comme tant d’autres, les champions d’une doctrine d’origine humaine.
Ils habitent les cités grecques et les cités barbares suivant le destin de chacun ; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l’existence, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur manière de vivre. Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et toute patrie leur est une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n’abandonnent pas leurs nouveau-nés. Ils prennent place à une table commune, mais qui n’est pas une table ordinaire.
Ils sont dans la chair, mais ils ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies, et leur manière de vivre est plus parfaite que les lois. Ils aiment tout le monde, et tout le monde les persécute. On ne les connaît pas, mais on les condamne ; on les tue et c’est ainsi qu’ils trouvent la vie. Ils sont pauvres et font beaucoup de riches. Ils manquent de tout et ils ont tout en abondance. On les méprise et, dans ce mépris, ils trouvent leur gloire. On les calomnie, et ils y trouvent leur justification. On les insulte, et ils bénissent. On les outrage, et ils honorent. Alors qu’ils font le bien, on les punit comme des malfaiteurs. Tandis qu’on les châtie, ils se réjouissent comme s’ils naissaient à la vie. »

Telle est la manière de vivre en chrétien. Elle ne peut être ordinairement vécue que par la grâce de l’appartenance à une communauté territoriale, une paroisse, qui soutient cette extraordinaire manière de vivre. Dans la paroisse, chaque chrétien trouve le pain substantiel, l’eucharistie, mais aussi un Corps social, une communauté de croyants qui s’aiment et se soutiennent. La paroisse est ce lieu fondamental pour tous, petits et grands, où est reçu l’enseignement nécessaire à l’expression libre de sa foi. La paroisse est ce lieu fondamental où chaque chrétien trouve une communauté solidaire, des amitiés sûres, un soutien de chaque jour.

Voilà ce que nous tâchons d’être à Saint-Étienne-du-Mont. Non sans quelques difficultés parfois. Chacun peut cependant y trouver l’activité qui lui convient pour que sa foi, sa charité demeurent. Le guide paroissial à votre disposition et la présentation des activités à la fin de la messe de 11 h 00 vous en donneront une image fidèle.

Que Dieu vous bénisse.

Père Jacques Ollier