L’Avent, à quatre temps

Quatre dimanches nous préparent à la venue du Seigneur. Quatre dimanches nous préparent à le reconnaître. Quatre semaines ne sont pas trop, en vérité, pour nous disposer à le recevoir. Mais, lorsqu’il viendra, le reconnaîtrons-nous ?

Le temps liturgique de l’Adventus Christi nous enseigne ses voies, sans erreur.
Dimanche dernier, l’évangéliste Luc, que nous lisons cette année, nous annonçait la venue du Christ en des temps qui, à y regarder de près, ne semblaient pas favorables à son entrée dans le monde. Guerres, famines, catastrophes écologiques, persécutions des justes. Mais, précisément en ces temps qui paraissent les plus funestes, apparaît Celui qui vient : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire ». Première consolation. Dieu fait homme, se tient dans la tempête de notre histoire et de nos existences.

Deuxième dimanche : Il vient dans la tempête, sans doute. Mais comment le reconnaîtrons-nous ? Où chercherons-nous un portrait d’après lequel nous pourrons l’identifier. Ce portrait, nous l’avons. Les prophètes nous le peignent. Saint Jean-Baptiste en est en quelque sorte la figure par excellence. Avec tout le choeur des prophètes il annonce Celui qui vient. Sans doute, parfois, avec obscurité. « mais il y a des clartés admirables, et des prophéties manifestes accomplies » (B. Pascal, Pensées, 598). Le Seigneur vient, réalisant les antiques présages. Il vient abaisser les montagnes de l’orgueil, combler les vallées des pleurs, redresser les accablés. N’est-ce pas selon ce qui a été écrit de lui que Jésus Christ a réalisé son oeuvre ? Il n’est pas de plus sûre mesure de notre raison de croire en Lui. « Le monde ayant vieilli dans ses erreurs charnelles, Jésus-Christ est venu dans le temps prédit, mais non pas dans l’éclat attendu » (Ibid. XV, 3 bis, édit. Havet).

Le troisième dimanche nous présentera encore sa venue en l’accomplissement de la promesse faite à nos Pères : viendraient des jours où Dieu enverrait son Esprit sur toute chair. Jean-Baptiste, au bord du Jourdain, prêchant un baptême de conversion en vue du pardon des péchés, s’incline à l’avance devant la venue du Christ : car Celui qui vient après lui baptisera, annonce-til, non dans l’eau, mais dans l’Esprit Saint et le feu. Il donnera part à la sainteté de Dieu en communiquant l’Esprit. Celui que nous recevons à notre baptême et nous consacre à Lui.

Le quatrième dimanche nous propose un double exemple de la reconnaissance de Celui qui vient. Marie, qui a connu par l’ange, qu’en elle s’accomplirait le salut espéré. Élisabeth, sa cousine, qui reconnaît en Marie, la mère du Sauveur.

Convenons-en à notre tour. Celui qui vient s’annonce. Écoutons les paroles des prophètes Elles trouvent en Lui leur vérité. Écoutons Jean le Baptiste nous convaincre que le Seigneur a tenu sa promesse. Regardons Marie, et imitons sa foi. Heureux, ceux qui ont cru à l’accomplissement des paroles qui leur furent adressées de la part du Seigneur.

Elles s’accompliront.

Père Jacques OLLIER