« Voici que le Seigneur va venir et, avec lui, tous ceux qui ont cru en lui »

Cette phrase étonnante sert d’introduction à la messe des mardis de l’Avent. Elle associe la venue prochaine du Christ que nous appelons de nos voeux par le chant : « venez divin Messie », et l’avènement de ceux qui ont cru en lui. Le premier terme de la phrase nous convient sans doute. Nous le proclamons dans le credo chaque dimanche : « Il viendra à nouveau dans la gloire… » Mais comment comprendre qu’y soit adjoint le second terme ? Comment concevrons-nous qu’Il ne vienne pas seul, mais avec ceux qui ont cru en lui ?
Cela s’entend bien, dès lors que l’on saisit que sa venue prochaine ne peut se réaliser sans ceux-là pour lesquels il est venu. Selon la belle expression que prête saint Jean à Jésus dans son Évangile : « je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés » (Jean 18,9).

La tension liturgique de l’Avent nous porte donc vers le moment ultime de notre rencontre avec Celui qui nous a tant aimés. Mais que lui dirons-nous alors ? Ou que nous dira-t-il ?

Un philosophe contemporain, à cette dernière question qu’on lui posait, eut cette réponse : « Je ne sais pas ce qu’il me dira ; mais je sais ce que je lui dirai. Je lui demanderai de bien vouloir pardonner mes péchés et de m’accueillir, s’il m’en juge digne, en ses demeures ». Admirable confession de foi et d’humilité. C’est à cette rencontre de l’éternel avec le temporel, de l’infini avec le fini que chacune de nos confessions ici-bas nous prépare. Elle nous adapte à lui, dans l’aveu de notre faiblesse et dans la reconnaissance de son infinie grandeur qui ne se découvre vraiment qu’en l’expérience personnelle et intérieure de sa miséricorde.

Comme confesseurs, les prêtres en sont les témoins privilégiés. Comme pénitents, ils l’expérimentent eux-mêmes.

Puisse la solennité de la Nativité du Seigneur, de sa venue dans le monde sous les traits de l’humble Jésus, nous trouver dans les dispositions qu’Il attend de nous et que chante la Vierge Marie sa mère en son Magnificat : « il élève les humbles ! »

Père Jacques OLLIER