Être roi, c’est servir la vérité

Traditionnellement, l’Église consacre le 4ème dimanche de Pâques, dimanche du Bon Pasteur à la prière pour les vocations et plus particulièrement les vocations sacerdotales et religieuses. Prière de toute l’Église qui partage ainsi la compassion du Christ pour les foules sans berger, elle est aussi la prière de chaque communauté chrétienne et en premier lieu la nôtre, et de chaque petite Église que constituent nos familles. Ce serait manquer d’Espérance que de croire la source des vocations tarie.

Si tous les états de vie sont la réponse à un appel, ils se complètent et s’interpellent mutuellement dans un harmonieux équilibre qui conduit à la vocation universelle à la sainteté.

Toute société a besoin de guides, de pasteurs, d’entraîneurs…

Le 2 octobre 1974, dans une allocution devant les membres du conseil des laïcs, le pape Paul VI faisait cette réflexion : « L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins. » Le saint Père citait alors les mots de Pierre évoquant le spectacle d’une vie pure et respectueuse « gagnant sans parole même ceux qui refusent de croire à la Parole » (1P 3, 1).

Reprenant l’image vétérotestamentaire, et l’iconographie antique, la figure du Bon Pasteur est largement utilisée.

Sainte Geneviève est souvent représentée ou décrite en bergère, au risque de contredire la vérité historique pour traduire, comme le fait Charles PÉGUY dans sa Tapisserie, une vérité symbolique révélant le sens caché, mais ô combien profond, de la vie humaine. Ainsi Geneviève conduira le peuple de Paris jusque devant le « Trône de l’Agneau » (Ap 7, 9).

Plus proche de nous, le Cardinal DANNEELS commençait son homélie lors des obsèques du roi des Belges en disant : « Il y a des rois qui sont plus que des rois : ils sont les bergers de leur peuple. Ils ne font pas que régner, ils aiment jusqu’à donner leur propre vie… ce fut un roi selon le coeur des hommes. » et il poursuivait : « Par ses blessures, n’a-t-il pas guéri les nôtres ? Grâce à ses souffrances, la paix communautaire dans notre pays n’a jamais été gravement perturbée. Ses meurtrissures ne nous ont-elles pas rapproché les uns des autres ? Son silence n’a-t-il pas tempéré nos violences verbales ? Ses conversations et le va-et-vient des ses patiences, n’ont-ils pas rapproché ceux qui risquaient de s’ignorer de plus en plus chaque jour (…) Être roi, c’est servir la vérité et souffrir pour son peuple (…) Celui qui veut faire l’unité dans son pays, doit s’exercer à la faire d’abord dans son foyer et sa famille. En effet les deux maisons sont construites avec le même ciment, celui de l’amour. »

Père Stanislas LEMERLE