Le matin d’une nouvelle création

Après l’épreuve d’une nuit de pêche infructueuse, les disciples pouvaient penser que la mort de Jésus en qui ils avaient mis toutes leurs espérances avait ramené le monde au chaos primitif. Et c’est la merveille inattendue : la fraicheur d’un matin plein de lumière, de promesses et d’amour.

Le Seigneur est là ! L’intuition du disciple bien-aimé a vu juste. À ses yeux et aux nôtres se découvre la splendeur d’un monde neuf. Le monde ancien avait été créé par la Parole de Dieu. Cette même Parole incarnée, crucifiée, ressuscitée est créatrice d’un monde nouveau.

Le Seigneur est là ! Encore faut-il le voir. À travers les ombres et les clartés, les doutes et les certitudes, les interrogations et les affirmations de ce matin-là, sur les bords du lac, l’évangéliste laisse entrevoir que le temps de l’Église commence. À cette Église, il n’est demandé qu’une seule chose : une foi baignée d’amour en Celui qui est son Seigneur.

Foi qui éclaire tout et transforme tout : l’échec de la nuit devient joie féconde du matin, le reniement auprès du brasero dans la cour du grand-prêtre laisse place au feu de l’amour allumé par Jésus.

Foi victorieuse de toutes les résistances de la nature (Un autre te mènera où tu ne voudrais pas aller) et qui est réponse au plus beau des appels (Suis-moi).

Père Emmanuel DUFRESNE