Un commandement nouveau : aimer

La veille de sa mort, Jésus a institué son repas pascal, l’Eucharistie. C’est dans ce contexte solennel que le Christ transmet à ses disciples son testament, son commandement nouveau : « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres… »

Pourquoi Jésus parle-t-il de commandement nouveau alors qu’il n’est pas le premier à enseigner la primauté de l’amour ? La consigne d’aimer le prochain n’était pas nouvelle dans la Bible puisque la première Alliance en faisait un précepte. Lorsque le scribe de l’Évangile interroge Jésus sur « le premier commandement de la Loi », le Maître lui répond : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 27-29). En quoi consiste la nouveauté ?

Il est évident qu’il ne s’agit pas d’une nouveauté « temporelle » mais « substantielle », car l’amour que propose le Christ doit se reconnaître à certaines caractéristiques qu’il importe de présenter brièvement.

L’universalité. Il est question ici d’un amour sans barrières ni frontières, offert à tout homme, y compris à l’ennemi ; un amour qui prend comme modèle la bonté sans limites de Dieu envers chacune de ses créatures (Mt 5, 43-48 ; Lc 6, 27-36 ; Lc 23, 34).

L’intensité. Sur ce point, Jésus lui-même donne une mesure qu’il confirmera quelques jours plus tard sur la Croix, en s’offrant pour l’humanité : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15,12). Aimer jusqu’au bout, aimer jusqu’au don de soi : voilà la grande leçon de l’amour du Christ.

L’origine divine. L’amour chrétien ne prend pas sa source dans nos sentiments fugaces et inconstants mais plutôt en Dieu. C’est dans ce sens que saint Paul affirme : « L’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous est donné » (Rm 5,5). Ainsi, c’est dans la mesure où nous nous laissons habiter par l’esprit que nous pouvons aimer comme Dieu aime. Car s’il n’est pas alimenté à la source, notre amour court le risque de s’épuiser.

En s’aimant les uns les autres, les chrétiens sont le « Sacrement » de l’amour du Christ et c’est ainsi que se vérifie l’authenticité de leur témoignage.

Père Anatole DÉDÉGBÉ