« Mysterium fidei »

Ce dimanche l’Église célèbre la solennité du Saint-Sacrement et le monde la fête des jardins. Quel rapport ? Mon prochain départ dans le XII arrondissement que l’on désignait au XIXe siècle, comme la petite campagne parisienne ? Non bien sûr. En revanche, saint François de Sales dans l’Introduction à la vie dévote nous donne une réponse pour réconcilier l’Église avec le monde. « Ceux qui se sont promenés dans un beau jardin n’en sortent pas volontiers sans avoir recueilli en leurs mains quatre ou cinq fleurs pour les contempler tout au long de la journée. De même notre esprit doit choisir au cours de l’action de grâces une ou deux prières que nous aimons particulièrement afin de nous en souvenir au cours du jour : c’est ce que j’appelle un bouquet spirituel ».

Ce bouquet spirituel, nous avons la grâce de l’avoir sous forme artistique dans les vitraux du cloître de notre église, véritable catéchèse eucharistique. « Heureux homme chrétien, si fermement tu crois que Dieu, pour te sauver, a souffert à la croix et que les sacrements, retenus à l’église, en son sang précieux ont eu commencement » sont les mots inscrits sur le cartouche qu’illustre le vitrail du « pressoir mystique ».

Heureux sommes-nous de pouvoir discerner et contempler les multiples représentations du Corps du Christ, dans ses préfigurations de l’Ancien comme du Nouveau Testament (Le sacrifice d’Élie, l’offrande de Melkisédek ou des cinq pains et des deux poissons…) ou dans son accomplissement à la dernière scène, à Emmaüs !

Heureux davantage serons-nous de passer de l’admiration à l’adoration comme nous y a invités notre Pape en cette belle fête du Saint Sacrement ! S’agenouiller devant l’Eucharistie est une profession de foi en même temps qu’une offrande de nous-même dans notre histoire personnelle et toute l’histoire humaine.

« Jésus nous attend dans le sacrement de l’Amour. Ne refusons pas le temps pour aller le rencontrer dans l’adoration, dans la contemplation pleine de foi et ouverte à réparer les fautes graves et les délits du monde. Que ne cesse jamais notre adoration ! » Jean Paul II Domini Cenae.

Père Stanislas LEMERLE