Bizuth du Seigneur

Si pour beaucoup « c’est la rentrée » et la reprise de chemins bien balisés voire routiniers, pour les nouveaux arrivants – dont je suis – c’est le moment de la découverte, l’exploration d’un « Nouveau Monde » et de ses habitants. De vicaire confirmé sur la colline de Passy, après huit années, je deviens « bizuth-aumônier » sur la Montagne Sainte-Geneviève.

Le prêtre, au gré des nominations reçues de son évêque, apprend régulièrement à vivre cette parole de Jésus qui demande de renoncer à tous ses biens, de tout quitter, pour le suivre (cf. Lc 14, 33). Par là-même, il devient le témoin de la réalisation d’une autre parole de Jésus « Nul n’aura laissé maison, frères, soeurs, mère, père, enfants ou champs à cause de moi et à cause de l’Évangile, qui ne reçoive le centuple dès maintenant, au temps présent, en maisons, frères, soeurs, mère, enfants et champs, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle » (Mc 10, 29-30).

Le dépouillement que Jésus requiert n’a pas pour finalité de nous abandonner dans le dénuement, mais de nous enseigner à recevoir de sa seule main notre terre, toutes nos relations, toute notre vie, pour notre plus grand émerveillement.

Ainsi, le prêtre que je suis, au nom qui évoque les épices et ne laisse pas deviner une jeunesse en Principauté sur les bords de la Méditerranée, a soif de faire votre connaissance. J’ai hâte de mettre des noms sur vos visages, vous qui êtes la nouvelle famille que Dieu me donne. Quelle est votre histoire ? Peut-être certains ont-ils connu la Russie où je travaillais avant d’entrer au séminaire, après des études de commerce ? Peut-être d’autres sont-ils des chrétiens d’Orient dont la tradition a eu une influence profonde sur ma famille ?

Que Dieu nous bénisse en ce temps de reprise et nous donne de vivre d’un seul coeur (cf. Ac 2, 46).

Père Gabriel WÜRZ