Un chemin vers la gloire

Six jours auparavant, pour la première fois, Jésus avait annoncé qu’il devait souffrir la Passion, mourir et ressusciter. Cette annonce avait laissé les disciples perplexes ; Pierre s’était même exclamé « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera point ! »
Ne comprenant pas ce que pouvait signifier « être réveillé d’entre les morts », Simon-Pierre entendait ces paroles comme une calamité qui menacerait Jésus et dont il faudrait le protéger.

L’événement de la Transfiguration dévoile la puissance du Fils de l’homme. S’il est livré, c’est qu’il l’a choisi : pour nous et pour notre salut. Sa vie, nul ne la lui prendra, mais c’est lui qui la donne.

Mais au-delà de la manifestation de sa puissance, Jésus nous indique que ce chemin est un chemin vers la gloire. En lui, en son humanité transfigurée par la puissance de l’Esprit, est révélé ce à quoi nous sommes appelés : notre être, jusque dans notre corporéité, est destiné à être saisi et illuminé par l’Esprit Saint.

Le chemin de la Passion sur lequel Jésus s’engage n’est donc pas un chemin vers la mort, mais un chemin vers la gloire. La parole du Père confirme que Celui-ci est le Fils bien-aimé et qu’il faut l’écouter jusque dans cette annonce du chemin de la croix ; ce n’est pas une route vers le néant, mais vers la vie.

Que cet épisode de la Transfiguration galvanise notre espérance ; qu’il nous aide à comprendre que ce carême est un chemin vers la gloire. Que notre mémoire conserve l’image du Transfiguré lorsque nous posons notre regard sur le Christ livré et crucifié.

Père Gabriel WÜRZ