Petit questionnaire trinitaire

Vitrail de Saint-Etienne

1. Jésus, Fils de Dieu, a-t-il été choisi par Dieu pour être son Fils ?

Non ! Dieu ne choisit pas Jésus comme Fils. Le Fils est par nature Dieu, de même nature que le Père. Vrai Dieu, Lumière de lumière. Qu’il ait été choisi par Dieu comme un être exceptionnel, ayant une relation privilégiée avec Dieu, voilà ce que pensaient ceux que l’on appelait les Ariens. Chrétiens des premiers siècles, ils confessaient dans leur credo Jésus comme Fils de Dieu, tout en donnant à ce titre une portée moindre que ce que la foi catholique reconnaissait. Cette conception fut largement partagée au IIIème siècle par la moitié des chrétiens ! La foi étant en péril, il fut décidé qu’un concile universel se réunirait pour définir la foi au Fils de Dieu. Il eut lieu à Nicée en 325. On y adopta l’expression non tirée de l’Écriture Sainte selon laquelle le Fils est consubstantiel au Père, de même nature que le Père. Qu’il est Dieu de Dieu, vrai Dieu du vrai Dieu. »

2. Dieu se manifeste-t-il dans l’Écriture Sainte, selon les moments, tantôt comme Père, tantôt comme Fils, tantôt comme Esprit ?

Non ! Certains chrétiens de l’antiquité considéraient que Dieu se manifestait sous différents « modes » selon les temps et les moments. Tantôt comme Père, tantôt comme Fils, tantôt comme Esprit. Cette hérésie fut appelée Modalisme . Elle ruine la réalité de la Trinité telle qu’elle est attestée dans la formule primitive : « Au Nom (singulier) du Père et du Fils et du Saint Esprit (pluralité) »

3. Jésus : sa personne est-elle humaine ?

Non ! La personne de Jésus est divine. C’est ce que l’évangéliste Jean affirme lorsqu’il dit que le Verbe s’est fait chair. Un de la Trinité s’est fait homme. L’affirmation dogmatique de cette réalité de foi a été définie lors du Concile d’Éphèse, en 431, par une formule bien connue : Marie est la Mère de Dieu (Theotokos). Par là on signifie que la personne, le sujet qui « porte » l’humanité de Jésus est une personne divine qui « assume » une humanité.

4. Jésus, après son Ascension, conserve-t-il sa nature humaine ou bien est-il entièrement divinisé ?

Oui ! Jésus, étant, selon la foi de Nicée, vrai Dieu et vrai homme, il ne peut cesser de l’être. Certes, son humanité est transformée par son Ascension. Ainsi le voyons-nous après sa résurrection se nourrir. Non pas que ce lui soit nécessaire. Il peut se nourrir, mais n’en a plus besoin. Son humanité est transfigurée pour atteindre sa plénitude, mais non absorbée par la divinité.

5. La foi au Dieu Trinité a-t-elle quelque chose à voir avec la compréhension que nous avons de l’homme ?

Oui ! Du dogme trinitaire découle la compréhension de Dieu comme don. Don de lui-même en lui-même qui fait qu’il est un Seul Dieu dans la communion des trois. Le Père donne au Fils d’être Fils, le Fils donne au Père d’être Père, et ce don est lui-même « personne », c’est-à-dire l’Esprit Saint. C’est pourquoi les « personnes » divines sont appelées des « relations subsistantes ». Elles ne sont que dans le don qu’Elles font d’Elles-mêmes. L’homme étant à l’image de Dieu, c’est-à-dire à l’image de la Trinité, ne peut s’accomplir que dans le don de lui-même : « L’amour dans la vérité place l’homme devant l’étonnante expérience du don. La gratuité est présente dans sa vie sous de multiples formes qui souvent ne sont pas reconnues en raison d’une vision de l’existence purement productiviste et utilitariste. L’être humain est fait pour le don ; c’est le don qui exprime et réalise sa dimension de transcendance. L’homme moderne est parfois convaincu, à tort, d’être le seul auteur de lui-même, de sa vie et de la société. C’est là une présomption, qui dérive de la fermeture égoïste sur lui-même » Benoit XVI, Caritas in veritate, 34.

Père Jacques OLLIER