La jalousie

Elle ronge parfois notre coeur. Et le bouleverse. Ses conséquences peu-vent être légères. Mais quelquefois – rarement – funestes.

La jalousie ne consiste pas à aimer ce que l’autre possède. Elle commence par l’envie. Elle se poursuit souvent par la détestation. Elle naît d’une absence d’amour du bien. Du mien propre. De celui que possède mon voisin, mon prochain.

De nombreux épisodes de la Bible nous rappellent le caractère atroce de la jalousie. Celle de Caïn, qui, parce que l’offrande de son frère fut agréée par Dieu, et non la sienne, le tua (livre de la Genèse ch. 4).

Les Pères Apostoliques, c’est-à-dire les premiers savants chrétiens, réflé-chissant au sort qui fut réservé à Jésus, ont donné comme raison de sa cruci-fixion, la jalousie dont firent preuve ceux qui le condamnèrent.

Nous le voyons, la jalousie peut conduire au pire.

Comment s’en défaire ?

En aimant son bien propre. En aimant aussi celui de son prochain.

Fût-ce celui, original et incessible de Dieu.

« Faut-il que ton oeil soit mauvais, tandis que je suis bon ?», dit le maître de la parabole à celui qui lui fait reproche de disposer de son bien comme il l’entend.

Rendons grâce à Dieu des biens que possèdent ceux qui en sont riches. Prions le qu’ils en disposent avec soin.

Ce regard nouveau que nous poserons sur les biens d’autrui transformera notre regard sur ceux que nous possédons. Il modifiera aussi notre regard sur les biens de Dieu et la prodigalité dont il fait preuve.

Que notre journée ne se passe pas sans que nous ayons pu dire : béni sois-tu Seigneur, d’avoir permis que celui-là ou celle-là ait tel ou tel bien. De ce qu’il est bon. Et nous pourrons guérir du mal jaloux.

Qu’il en soit ainsi !

Père Jacques Ollier