Rendez à César

«Sur la question centrale de l’impôt à César, Jésus répond par un réalisme politique surprenant, lié au théocentrisme de la tradition prophétique.

L’impôt à César doit être payé, car l’effigie sur la pièce de monnaie est la sienne ; mais l’homme, chaque homme, porte en lui une autre image, celle de Dieu, et c’est donc à Lui et à Lui seul que chacun doit sa propre existence.

Les Pères de l’Église, en partant du fait que Jésus fait référence à l’image de l’empereur frappée sur la pièce de monnaie de l’impôt, ont interprété ce passage à la lumière du concept fondamental d’homme image de Dieu, contenu dans le premier chapitre du Livre de la Genèse.

Un auteur anonyme écrit : « L’effigie de Dieu n’est pas frappée sur l’or, mais sur le genre humain. La monnaie de César est l’or, celle de Dieu est l’humanité … Donne donc ta richesse matérielle à César, mais réserve à Dieu l’innocence unique de ta conscience, où Dieu est contemplé … En effet, César a exigé que son effigie apparaisse sur chaque pièce, mais Dieu a choisi l’homme, qu’il a créé, pour refléter sa gloire » (Anonyme, Œuvre incomplète sur Matthieu, homélie 42).

Saint Augustin a utilisé à plusieurs reprises cette référence dans ses homélies : « Si César cherche son effigie sur la monnaie – affirme-t-il -, Dieu ne cherche-t-il point son image dans l’homme ? » (Commentaire sur les Psaumes 94, 2). Et encore : « Il en est de Dieu comme de César, qui exige que son image soit frappée sur la monnaie ; […] rendez à Dieu votre âme marquée à la lumière de sa face […]. Le Christ habite chez l’homme intérieur » (ibid., Psaume 4, 8). »

Homélie du Pape Benoît XVI pour la nouvelle évangélisation – octobre 2011