Christ Roi

Cette solennité du Christ invoqué sous le titre de Roi fut instituée par le pape Pie XI dans la première partie du XXème siècle. Elle répondait à une double intention :

Rappeler que l’achèvement de ce monde créé par Dieu est une œuvre de l’homme sans doute, mais non de l’homme sans Dieu. Or, la tentation naissante était grande de ne plus considérer l’homme qu’indépendant et libre de Dieu, avec les conséquences inhumaines
que l’on sait : l’industrialisation de la guerre (14 -18), la manipulation de la personne (par le politique, l’économique, le médiatique), les camps de concentration qui sont une image de cette déshumanisation de l’homme sans Dieu. L’homme privé du Dieu de l’Alliance s’aliène et se détruit, en prétendant le contraire.

L’Encyclique de Pie XI avait pour but également de rappeler au politique ce que l’esclave du général romain, vainqueur et porté en triomphe, lui soufflait à l’oreille : « Memento mori * ».

Qui viendra achever l’humanité ? Qui viendra achever en moi ce qui a été commencé ? Y aurai-je part ? Participerai-je à cet achèvement ? Sans doute. Mais non sans répondre à un dessein bien plus grand que moi, au bien de la terre tout entière tel qu’il est voulu par Dieu.

Voilà ce que réalise le Christ en sa royauté. Il règne sur la création parce qu’il s’accorde parfaitement à Dieu. Il règne sur la créaturalité parce qu’il honore la finitude de l’homme. Sur la Croix, il se fait roi. Abandonnant les rêves autosuffisants de l’homme, il s’en remet tout entier à Dieu : « Seigneur, recevez mon esprit ! »

Père Jacques Ollier