Le synode sur la famille

Il faut noter, tout d’abord, que le thème du synode est moins la famille en tant que telle, qui a déjà donné lieu à de nombreux textes (par exemple Familiaris consortio en 1980), qu’une réflexion sur les défis pastoraux de l’Église, c’est-à-dire sur sa manière d’accompagner, de guider, de consoler les familles confrontées à de nombreuses épreuves aujourd’hui.

L’Évêque de Rome a appelé les catholiques à travailler à partir de ce document en vue de la constitution d’un nouveau schéma qui servira d’instrumentum laboris lors du prochain synode en octobre 2015. Une cellule de réflexion dans la paroisse est en cours de formation.

Voici un résumé de la relatio post disceptationem, c’est-à-dire après discussion générale mais, avant le vote. Certains paragraphes n’ont pas été adoptés faute d’une majorité aux 2/3. Le pape a cependant souhaité que les catholiques puissent réfléchir à partir de ce texte non amendé. On remarqu-ra l’attention portée sur les couples.

Ière partie : L’écoute : la conjoncture et les défis concernant la famille

« Les grandes valeurs du mariage et de la famille chrétienne correspondent à la recherche qui traverse l’existence humaine, y compris à une époque marquée par l’individualisme et par l’hédonisme. Il faut accueillir les personnes avec leur existence concrète, savoir soutenir leur recherche, encourager le désir de Dieu et la volonté de se sentir pleinement partie intégrante de l’Église, même de ceux qui ont fait l’expérience de l’échec ou se trouvent dans les situations les plus disparates. Ceci exige que la doctrine de la foi, que l’on doit faire connaître toujours davantage dans ses contenus fondamentaux, soit proposée avec la miséricorde. »

IIème partie : l’Évangile de la famille

La Révélation que Dieu a donné sur la famille par sa création et par le témoignage du Christ :

  1. brille en de nombreuses familles qui vivent avec cohérence la fidélité au sacrement, produisant des fruits murs de la sainteté,
  2. doit aussi nourrir ceux et celles qui n’ont pas encore atteint la perfec-tion de vie dans le mariage.
  3. Elle doit également permettre de soigner les familles qui sont blessées ou malades.

IIIème partie : les perspectives pastorales

Le texte présente dans cette partie les éléments de réforme pastorale. En ce qui concerne la préparation au mariage, l’accompagnement des époux, le regard à porter sur les unions civiles, voire le concubinage (lorsque, par exemple, les personnes ne peuvent accéder au sacrement du mariage). [Ce texte recommande également le dialogue avec la société pour établir les conditions culturelles, sociales et économiques qui favorisent une vie familiale authentique.]

Les Pères synodaux ont également perçu l’urgence de chemins pastoraux nouveaux, qui partent de la réalité effective des fragilités familiales, en reconnaissant que, le plus souvent, celles-ci sont “subies” plus que choisies en toute liberté (séparés, divorcés, veufs…).

« Toute famille blessée doit tout d’abord être écoutée avec respect et amour.
Il faut notamment respecter la souffrance de ceux qui ont subi injustement la séparation ou le divorce. »

« Les situations des personnes divorcées remariées exigent aussi un discernement attentif et un accompagnement empreint de respect. »

« Certains Pères synodaux ont souligné le besoin de rendre les procédures de reconnaissance des cas de nullité du mariage plus accessibles et allégées. »

« Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne : sommes-nous en mesure d’accueillir ces personnes en leur garantissant un espace de fraternité dans nos communautés ? Souvent elles souhaitent rencontrer une Église qui soit une maison accueillante. Nos communautés peuvent-elles l’être sans compromettre la doctrine catholique sur la famille et le mariage ? »

Conclusion

« Les réflexions proposées, fruit du dialogue synodal qui s’est déroulé en toute liberté et dans un mode d’écoute réciproque, entendent poser des questions et indiquer des perspectives que les Églises locales devront faire mûrir et préciser, par leur réflexion, durant l’année qui nous sépare de l’Assemblée Générale Ordinaire du Synode des évêques, prévue en octobre 2015. Il ne s’agit pas de décisions prises, ni de perspectives faciles. Cependant, le chemin collégial des évêques et la participation du peuple de Dieu tout entier, sous l’action du Saint-Esprit, pourront nous guider vers des voies de vérité et de miséricorde pour tous. Tel est le souhait que le Pape François a exprimé dès le début de nos travaux, en nous invitant au courage de la foi et à l’accueil humble et honnête de la vérité dans la charité. »