Nous voilà au denier dimanche de l’Avent

Nous voilà au dernier dimanche de l’Avent. C’est donc bientôt Noël, vocable aux résonances multiples. Nos préparatifs « divers » à cette fête vont entrer frénétiquement dans leur ultime phase, s’ils ne sont pas déjà achevés. Et qu’en est-il de notre préparation à l’« Adventus Domini », qui est pour nous chrétiens le cœur le Noël ? Si l’évangile de ce dernier dimanche de l’Avent vient nous rappeler avec justesse l’imminence liturgique de Noël, il nous restitue aussi le sens profond de ce que nous allons célébrer à Noël : la naissance du Fils de Dieu qui prend chair de la Vierge Marie.

Au cœur de Noël, il y a donc le mystère de l’incarnation de Jésus, le Fils de Dieu. Ce mystère, vraiment caché dans l’humilité de la crèche, est bien sou-vent relégué au second plan dans nos représentations de l’événement de Bethléem. Mais l’évangile d’aujourd’hui nous le révèle pleinement. Il est dévoilé à la Vierge Marie, qui est appelée à y coopérer de façon éminente, comme à l’accomplissement du dessein sauveur de Dieu. La ratification de Marie au pro-jet de Dieu est totale et pour cela, elle devient la figure exemplaire de toute l’humanité, de toute l’Église et de chaque croyant dans l’accueil de Celui que Dieu nous donne en signe de sa très grande faveur pour nous.

C’est pourquoi, avec Marie, la favorisée de Dieu, en qui Jésus prend chair, nous sommes invités à redécouvrir la venue de Jésus dans notre humanité comme une grâce exceptionnelle et incommensurable de Dieu. Une telle faveur divine devrait être pour nous étonnante et troublante, car Dieu nous donne tout de lui-même dans celui qui prend chair de la Vierge Marie, il nous communique sa divinité. Alors, comme Marie, nous devrions nous empresser de rechercher les possibilités concrètes de notre divinisation. Car, c’est ce que nous sommes en vérité que l’incarnation de Dieu va diviniser. Notre divinisation ne sera pas une assimilation d’une part de Dieu à notre humanité, mais une transformation intime de notre humanité jusqu’à son élévation à la dignité divine.

Si nous croyons que rien n’est impossible à Celui qui nous destine à participer à sa nature divine dans l’incarnation de son Fils, alors comme Marie aussi, présentons-nous devant notre Dieu comme ses serviteurs, pleinement accordés à notre Dieu. Accueillons avec joie la Parole que Dieu nous dit dans le mystère de son Fils devenu l’un de nous pour que nous devenions ses vrais fils à la manière de son Fils unique.

Père Justin Zitisa