La conjugaison des consacrés

À qui nie l’existence de Dieu, la vie consacrée apparaît comme un non-sens, un objet de mépris voire de haine. Elle semble aussi absurde que quel-qu’un qui exécuterait une valse tout seul ou qu’un pont jeté au-dessus d’un fleuve qui n’arriverait pas jusqu’à l’autre rive.
De fait, l’intelligibilité de la vie consacrée est tout appuyée sur Dieu. Elle n’est pas refus peureux de goûter aux biens et aux responsabilités de ce monde. Mais comme un verbe se conjugue avec son sujet pour livrer son sens, comme le corps de la femme se conjugue à celui de son époux pour découvrir leur fécondité, la vie consacrée se conjugue avec Dieu.

La chasteté est l’expression d’un don total de son cœur à Dieu et la découverte d’une fécondité véritable sous un mode spirituel. « La pauvreté confesse que Dieu est l’unique vraie richesse de l’homme (…) L’obéissance pratiquée à l’imitation du Christ, manifeste la beauté libérante d’une dépendance filiale et non servile, riche d’un sens de la responsabilité et animée par une confiance réciproque, qui est reflet, dans l’histoire, de la correspondance dans l’amour des trois Personnes divines » (cf. Vita consecrata n°21, Jean-Paul II).

Les fruits de grâce de la vie des consacrés sont un témoignage plein d’espérance adressé au monde que, véritablement, Dieu est et qu’Il rejoint nos existences. En cette semaine où nous célébrerons la fête de la vie consacrée (le 2 février), ayons à cœur de prier pour toutes les personnes consacrées, afin que leur ferveur et leur capacité d’aimer augmentent constamment et qu’à notre tour, inspirés par leur exemple radical, nous osions plus profondément conjuguer nos vies avec Dieu.

Père Gabriel Würz