Guérison de la belle-mère de Pierre

Le récit anodin de la guérison de la belle-mère de Pierre, atteinte de fièvre, est très connu mais, à part le fait que l’on s’en soit servi pour faire quelques plaisanteries, il n’a qu’un intérêt, celui de placer le récit et celui des autres guérisons qui vont suivre sous le signe de la résurrection.

L’épisode n’a rien de spectaculaire et on ne comprendrait pas pourquoi ce petit miracle serait rapporté si ce n’était pour faire ressortir un élément qui transparaît au travers des termes utilisés. Ce sont des mots qui sont habituellement réservés à la description de la résurrection. Il est dit qu’elle était couchée, étendue, comme le sont les morts. Et il n’est pas dit qu’il la guérit, mais qu’il la fit se lever, et l’expression « faire se lever » désigne habituellement dans l’Évangile l’action de ressusciter ! Quand Jésus intervient dans l’existence de quelqu’un c’est pour le faire se lever, passer d’une situation de mort à une situation de vie, c’est cela la résurrection.

Pour être ressuscité il faut être libéré de tout ce qui nous entraîne dans la mort. Nous avons ici toute une série d’actions libératrices de Jésus. Toute la ville est là, est-il dit, c’est dire que tout un chacun est concerné. Nous traversons parfois des événements si terribles que notre raison ne peut les surmonter sans mettre Dieu en cause. Ils sont à mettre au rang des démons auxquels Jésus livre un combat sans merci.

Peu après, Jésus répond à ceux qui le cherchent. Il leur dit : «allons ailleurs ». Cet « ailleurs » prend une très grande importance, car cet ailleurs n’est pas là où ils l’espèrent. Pour eux la présence efficace de Jésus serait de faire cesser immédiatement ce qui ne va pas. Ils attendent un miracle. Le miracle est de l’ordre du confort immédiat comme le ferait un médicament qui à peine administré supprimerait la douleur. La position de Jésus n’est pas tout à fait celle-là. Jésus oriente nos regards vers un ailleurs où nous n’avons pas encore tourné les yeux. Cet ailleurs, c’est l’événement de la résurrection.

La résurrection s’est manifestée au moment où Dieu, dans la personne de Jésus a accepté de faire retomber sur lui toutes les malédictions des hommes pour les porter et les assumer dans sa mort. Sa présence en nous implique donc la résurrection.

Grâce à elle nous dépassons nos propres souffrances, en sachant que Dieu a mis en nous assez d’énergie pour les surmonter et pour faire qu’elles ne soient plus des obstacles à notre foi et à notre espérance. La résurrection est puissance de Dieu en nous et les sacrements que nous recevons en Église en sont le signe. Ils sont bienheureux ceux qui aujourd’hui, dans notre paroisse, rendent grâce pour le sacrement de mariage.

Père Anatole Dédégbé