Alliance Nouvelle

Nous entendons ce dimanche dans la liturgie un passage biblique es-sentiel à la compréhension de notre relation à Dieu. Ce passage est extrait du livre du prophète Jérémie au chapitre 31.

« Voici venir des jours – oracle du Seigneur –, où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle. Ce ne sera pas comme l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères, le jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte : mon alliance, c’est eux qui l’ont rompue, alors que moi, j’étais leur maître – oracle du Seigneur. »

Le prophète Jérémie annonce une Alliance Nouvelle (Novum Testamentum), qui ne sera plus rompue par les hommes à qui Dieu se destine. De là l’ex-pression utilisée par Jérémie. L’Alliance Nouvelle est celle qui n’est pas cor-rompue, une alliance vierge. L’Alliance Ancienne (Antiquum Testamentum) n’est différente de la Nouvelle que parce qu’elle a été rompue. De sorte que nous pouvons dire qu’il n’y a qu’une Alliance de Dieu et des hommes. Ancienne elle le devient parce qu’elle est brisée par la malice des hommes. Nouvelle elle demeure intacte. L’adjectif « nouveau » ou « nouvel » est utilisé dans ce sens dans le proverbe évangélique : « à vin nouveau, outre neuve ». Mais le proverbe est mal traduit. Il faut lire : à vin jeune (νέος) outre vierge ou intacte (καινος), c’est-à-dire non souillée.

Cette Alliance non souillée par les hommes, nous la trouvons dans l’obéissance du Christ à Dieu (2ème lecture de ce dimanche dans l’Épître aux Hébreux). Obéissance à son humanité, à la finitude de son humanité. Le oui du Christ à sa condition humaine constitue notre salut. Prononcé une fois pour toutes ce « oui » est pour nous la porte toujours ouverte à Dieu. De sorte que, si nous rompons l’Alliance, nous trouvons toujours en Celui qui la main-tient dans son intégrité une solution pour revenir à Dieu. Il n’y a donc pas de situation si désespérée qu’elle ne puisse se résoudre dans le oui du Christ à Dieu sur la croix. « Telle est notre foi, telle est la foi de l’Église que nous sommes fiers de proclamer » (rituel du baptême des petits enfants).

Père Jacques Ollier