« Ascension »

Pourquoi fallait-il que le Christ parte ? Et de la sorte ?

Il répond lui-même à la question : «si je ne pars pas, le Consolateur ne viendra pas à vous » (Jean 16, 7). Cette réponse, loin de satisfaire notre surprise, nous déroute. Comment expliquer cette condition mise à la venue de l’Esprit Saint, le Défenseur ? Pourquoi était-il nécessaire que le Christ parte pour que l’Esprit Saint soit donné ?

Essayons de comprendre. En quittant ce monde, c’est-à-dire en vivant son Ascension, le Christ entre dans le monde de Dieu. Non pas dans ce monde, mais dans le monde à venir, l’Éon divin, comme le dit l’Écriture (Épître aux Éphésiens 3, 21 του αιωνος των αιωνων que nous traduisons « pour les siècles des siècles »). Son humanité, qui est semblable à la nôtre, devient, par l’Ascension parfaitement unie à la divinité.

Mais, dira-t-on, n’en était-il pas de même avant son Ascension ? Par l’incarnation, le Fils de Dieu n’a-t-il pas pris chair ? Dieu et l’homme ne font-ils pas un ? Assurément, mais selon un mode d’union qui laisse sauves les conditions de vie propres à notre humanité. Limitée, finie, muable. Par son union parfaite avec la divinité, l’humanité du Christ en son Ascension acquiert une dimension inouïe. L’Esprit de Dieu comble son humanité. Celle-ci est maintenant sous l’entière puissance de l’Esprit Saint. Ce qui fait du corps du Christ un corps glorieux, immortel, immuable, indestructible. Ayant ainsi entièrement reçu l’Esprit de Dieu, étant sous la puissance du souffle vivifiant de Dieu, l’humanité du Christ peut communiquer à ceux qui sont en communion avec lui l’Esprit qu’il a reçu. Esprit de grâce et de sainteté, Esprit de puissance et de paix.

Voilà pourquoi il était préférable pour nous que le Christ quitte ce monde. Pour nous donner part à son Esprit.

« Vous n’avez pas reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Ab-ba! Père! L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ … De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu`il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables.» (Épître aux Romains 8, 15/ 26)

Réjouissons-nous. Goûtons la joie de notre consécration spirituelle. Nous avons été sanctifiés, nous avons reçu les sept dons de l’Esprit : sagesse, force, conseil, intelligence, respect de Dieu, foi, science.

Que ces dons soient pour nous un motif de profonde louange à notre Dieu et Seigneur, Jésus Christ !

Père Jacques Ollier