Commandement

Ce terme de commandement (entolé en grec ou mitzva en hébreu) est un faux ami. Il ne signifie pas une injonction mais une disposition de Dieu.

Le commandement primordial, c’est la disposition de l’origine. « Dixitque Deus : Fiat lux. Et facta est lux » Genèse 1, 3. « Dieu dit et cela est ». Par sa Parole il fait advenir l’univers et le soutient. Nous disons qu’Il crée.

Pour le dire simplement on pourrait dire que lorsque Dieu parle il commande, et réciproquement lorsqu’il commande il parle.

Nous le voyons au Mont Sinaï lors du don de la Loi. Dieu parle dix fois.

Du commandement à la Parole, il faut donc remonter pour comprendre ce que signifie « commandement ».

L’évangéliste Jean l‘a compris qui identifie le commandement de Dieu à sa Parole. « Gardez mes commandements » équivaut chez lui à « gardez ma Parole ».

Tout cela est bien, me direz-vous, mais qu’est ce que cela change dans ma vie ?

Eh bien toute la morale chrétienne. Qui n’est pas une morale d’obéissance, mais une morale sait que l’homme ne peut agir en dehors de sa source. Garder le commandement de Dieu, c’est entrer dans l’ordre des choses que Dieu établit dans la création. C’est rejoindre la disposition essentielle qu’il établit dès l’origine : « croissez et multipliez vous », par exemple. Ou « soumettez toutes choses ». Une morale positive donc, qui nous permet de participer à l’achèvement de la création, par nos actes, nos choix, nos initiatives, l’éducation que nous donnons à nos enfants, la créativité dont nous faisons preuve dans notre travail, tant dans les rapports humains que dans les rapports technico-commerciaux. « Croissez et multipliez vous ! »

Quant « soumettre toutes choses » cela concerne bien sûr une certaine maîtrise de la terre, mais aussi de notre terre originelle, puisque nous venons « de la terre ». Dans le boire et le manger, dans la satisfaction des désirs, dans la volonté de pouvoir, l’ambition. Soumettre la terre, c’est régner sur soi, ses appétits.

Alors que signifie le commandement de l’amour de Jésus. Comme tout com-mandement il nous reconduit à l’origine, à la source. En nous commandant de nous aimer il nous donne de le faire :« De l’amour même dont je vous ai aimés, aimez vous les uns les autres ».

Vivons donc en enfants de Dieu ! Selon son commandement qui est à la fois ancien et nouveau.

Père Jacques Ollier