La Pentecôte de l’Église

Deux signes, deux apparitions, deux apparences.

1ère apparence : Le souffle ou le vent qui veut tout aussi bien dire l’Esprit (le mot Ruah en hébreu signifie à la fois souffle et esprit). Le phénomène décrit l’est selon une comparaison : «comme un vent impétueux ». La maison de l’Église est agitée, secouée non par une bourrasque mais par ce qui y ressemble. Il arrive ainsi que l’Église soit agitée par la venue de l’Esprit. Des changements à l’horizon, des modifications, des développements.

Les Apôtres sont alertés. Il y a quelque chose de nouveau qui se passe. Ce que le Christ avait promis ne serait-il pas en train de s’accomplir pour nous ? L’Esprit promis, la force d’en haut ne se devine-t-elle pas à notre porte ? ce que l’Esprit nous découvre de sa présence, quitte à nous bousculer.

2ème apparence : Le phénomène visuel est lui aussi d’origine divine : il est qualifié «d’apparition». Une seconde fois, il y a une comparaison : ce sont « des langues partagées comme du feu ». Non pas des langues de feu, mais des langues pour parler (celles qu’emploieront les disciples pour s’adresser aux différentes nations rassemblées à Jérusalem). Ces langues se diffractent, comme le fait le feu, sur les disciples.
L’Esprit donne ainsi de « s’exprimer (apophtheggomai) », un verbe très rare et solennel, utilisé par la Bible grecque pour désigner la parole prophétique. Car « nous sommes les ambassadeurs de Dieu ». Un lien très étroit unit le Christ et ses disciples : ils ont le même commencement. Ils viennent de l’Esprit qui les fait prophètes de Dieu.

Que Dieu lui-même nous enseigne, comme il l’a promis, la parole de réconfort, la parole de vérité, constructive, efficace. Qu’ils fassent de nos langues des organes, non de propagande, mais d’amour, de foi et d’espoir. Contre toutes violences, paroles sans parole, paroles insoutenables. Cris de nos peurs et de nos failles. Que de notre parole, naissent la concorde et la paix !

Père Jacques Ollier