Ô mon Dieu, Trinité

Trinité. Voilà le dernier mot de Dieu, et le dernier mot sur Dieu. Il n’en est pas de plus grand.

De même est-il la dernière parole de l’homme sur Dieu. Car il n’y a pas de plus grande nomination de Lui. De sorte que la simple confession de foi du plus humble des hommes correspond au sens le plus aigu que peut avoir de Dieu le plus avancé des mystiques sur la voie ascendante.

Ce n’est sans doute pas un hasard si l’ultime phrase de l’Évangile selon saint Matthieu que nous entendons ce dimanche mentionne ce Nom : « baptisez-les au Nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit ». Testament du Christ, suprême parole de Jésus avant son enlèvement vers Dieu, cette invitation signifie le plus hautement possible l’Être de Dieu, son Nom. Dans l’unité de son Être il est Père, Fils et Esprit.

Cette formule trinitaire est presque incontestablement reconnue comme authentique par les spécialistes de la Bible. Elle a, en outre, de tout temps, été unanimement respectée dans la pratique, comme dans la doctrine de l’Église.

– Dans la pratique d’abord puisque l’on a toujours baptisé adultes et enfants, au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit.

– Dans la doctrine chrétienne qui s’est montrée toujours respectueuse de la désignation de Dieu. Appelée à s’expliquer sur l’inexplicable, l’Église au cours des siècles s’est fondée sur cette formulation de foi « au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit». 1 Nom, c’est-à-dire un seul être et 3 relations en Lui.

Nous confessons que Dieu est Un. Par exemple, lorsque l’on dit que Dieu est grand, on dit qu’il est équivalent à sa grandeur, qu’il n’y a pas de différence entre lui et sa grandeur. Ainsi de ses autres attributs. En revanche on ne peut dire que Dieu est Père essentiellement. Il est Père, Fils et Esprit essentiellement.

Les 3 sont relativement l’un à l’autre. Ils ne sont que l’un par rapport à l’autre.
Cette complexité dit un mystère d’amour que seul un grand amour peut concevoir. Dieu n’est pas une monade isolée, mais Dieu d’amour, Dieu aimant, qui est connu dans l’amour que l’on peut avoir pour lui et pour notre prochain. « Tu vois la Trinité quand tu vois la charité » écrit saint Augustin en un trait saisissant (Augustin La Trinité, (VIII, 8, 12). C’est dans le prochain que Dieu se rend visible et se donne à rencontrer.

«Tu peux me dire : je n’ai pas vu Dieu ; mais peux-tu dire : je n’ai pas vu l’homme ? Aime ton frère. Si tu aimes ton frère que tu vois, par le fait même tu verras Dieu, car tu verras la charité même, et Dieu habite en elle. » (Augustin Commentaire de la 1ère Épître de saint Jean, V, 7).

Père Jacques Ollier