Quel est l’arbre qui réussit ?

L’Écriture sainte compare à plusieurs reprises royaumes ou rois à un arbre dont les branches abritent les oiseaux du ciel (cf. Ez 31 pour le Pharaon Hophra ou Dn 4 pour Nabuchodonosor). C’est la reprise d’un thème mythologique classique de l’arbre cosmique qui étend son pouvoir depuis les entrailles de la terre jusqu’au ciel, et où les oiseaux qui s’y abritent représentent les différentes nations vassalisées qui cohabitent.
Cependant, cette image se conclut ordinairement par un jugement négatif : l’orgueil du roi précipite sa perte, l’arbre est abattu (cf. Ez 32, 18). Au contraire, dans les lectures de ce jour, elle annonce un renouveau de la Maison de David (cf. Ez 17) et elle est appliquée au Royaume des cieux (Mc 4) ; c’est donc un règne qui réussit.

Qu’est-ce qui fait que cet arbre réussit ? C’est la graine qui fut plantée. Elle n’avait pourtant rien d’imposant étant la plus petite des graines. Ne serait-ce pas la reconnaissance que toute vie humaine est un don de Dieu, précieux, même dans son état le plus petit, le plus blessé ?

Ultimement, c’est une condition sine qua non pour que les différents groupes humains puissent cohabiter. Sans ce regard, la logique de la puissance, du rendement et de l’efficacité prévaut. Les oiseaux qui partagent le même feuillage ne se voient plus alors que comme des proies à saisir.

Puisse « l’Opéra d’images » de ce soir, nous permettre d’accueillir ce regard sur la vie des plus fragiles qui fut si cher au Professeur Lejeune. Que le Règne de Dieu qui ne passera pas étende en nos vies ses ramures !

Père Gabriel Würz