«Le Fils de l’homme est venu donner sa vie en rançon pour la multitude»

L’Évangile de ce jour nous apprend en quoi consiste la perfection de la charité, et il nous en donne la plus haute idée dans ce passage : « donner sa vie en rançon pour la multitude ».

Et vous vous dites : ‘Quand pourrai-je avoir une telle générosité ? L’atteindrai-je jamais ? Pourrai-je jamais payer de retour celui qui a payé si cher pour moi et pour beaucoup ? Ne perdez pas courage ! Une telle générosité a peut-être déjà pris naissance en votre cœur ; seulement, elle n’est pas arrivée encore à maturité.

Nourrissez-la pour qu’elle ne se perde pas. Mais, direz-vous, comment savoir si je l’ai ? Examinez-vous !

« Un homme qui a les biens de ce monde et qui, voyant son frère dans la détresse, lui ferme son cœur et ses entrailles, comment aurait-il en soi l’amour de Dieu ? » Voilà le commencement de la générosité. Si tu n’es pas encore capable de mourir pour le prochain, sois déjà au moins disposé à partager ton bien avec lui. Que la charité émeuve tes entrailles ; et, en voyant ton frère dans le besoin, aide-le, non par ostentation, mais par l’effet du plus pur sentiment de compassion miséricordieuse. Car si tu n’es pas assez généreux pour donner au prochain ton superflu, le seras-tu assez pour sacrifier ta vie en sa faveur ? Tu as, par devers toi, de l’argent que tu peux perdre pendant ta vie. Et si tu ne le perds pas, la mort t’en séparera. Que faire alors ? Ton frère a faim, il se trouve dans l’embarras ; peut-être est-il dans la misère, ou sur les routes ; il ne possède rien, et toi tu es riche ; c’est ton frère ; vous avez été rachetés en même temps, le prix de votre rançon est le même ; vous avez été rachetés au prix du sang du Christ. Vois si tu as pitié de ce frère, quand tu es riche des biens du monde.

Que m’importe, me diras-tu ? Irai-je donner ma fortune pour le préserver d’embarras ? Si ton cœur te répond de la sorte, l’amour du Père ne se trouve pas en toi, et si l’amour du Père ne se trouve pas en toi, tu n’es pas né de Dieu. Comment alors te glorifier d’être  chrétien ? Tu en as le nom, mais tu n’en mènes pas la conduite ; que si tes œuvres sont d’accord avec ton nom, on aura beau t’appeler païen, tu montreras par ta manière d’agir que tu es chrétien. Mais si tes mœurs ne dénotent pas en toi un disciple du Christ, alors même que tout le monde t’appellerait chrétien, à quoi te servirait d’en porter le nom sans l’être réellement ? « Un homme qui a les biens de ce monde et qui, voyant son frère dans la détresse, lui ferme son cœur et ses entrailles, comment aurait-il en soi l’amour de « Dieu ? » L’Apôtre ajoute : « Mes petits enfants, n’aimons pas seulement de parole et de langue, mais par les œuvres et en vérité. »

Cette libre adaptation d’un commentaire de saint Augustin nous oblige, bien sûr, à penser, au nom de notre baptême, à ceux qui n’ont plus rien : terre, langue, famille, maison… Comment faire pour aider les réfugiés ? La paroisse y pense. Pour l’heure, cela n’est guère aisé. D’abord parce qu’ils ne viennent pas en masse. Ensuite parce que nous devons réfléchir au meilleur accueil à leur proposer. Une équipe se constitue sur la  paroisse pour faire des propositions concrètes et adaptées. Dans les prochaines semaines, de plus amples informations vous seront données. Merci de nous aider à faire  face à ce défi.

Père Jacques Ollier