Les saints, plus qu’une multitude : un peuple et une famille !

Avez-vous déjà prêté attention au fait que les Béatitudes sont adressées à un groupe : « Heureux les… » et non « Heureux celui… » ? Si la solennité de la Toussaint nous offre de contempler le caractère innombrable de ceux qui sont sauvés, elle nous invite aussi à découvrir que cette multitude est organisée : c’est un peuple, c’est une famille et non un simple rassemblement d’individus.

La fête de tous les saints est la manifestation d’un peuple en qui a été accomplie une communion parfaite. « Il n’y a [en lui] aucun isolement, aucune concurrence, ou séparation » (Benoît XVI, 1er novembre 2012). À l’heure où individualisme et découragement face aux relations durables sont véhiculés par notre société, il est bon de méditer cette révélation du peuple saint. Le désir profond de notre cœur que nous puissions occuper une place qui nous soit propre et exercer nos dons au sein d’un réseau d’amis n’est pas une illusion, mais l’écho de notre vocation à être membre du peuple de Dieu. La Toussaint rappelle que « tout est possible à Dieu » (Mc 10, 27), même de nous faire surmonter l’égoïsme et les blessures de nos relations. Elle nous ouvre ainsi à l’espérance de la communion.

Cette espérance nous confère cependant une responsabilité : puisque Dieu nous sauve au sein d’un peuple et pas sans lui, nous sommes appelés à œuvrer activement à sa constitution. Concrètement, cela passe par tous les actes qui fortifient la communauté paroissiale : la façon dont nous nous saluons et prenons des nouvelles, la visite des malades, les intercessions partagées, les bonnes adresses échangées entre familles pour l’éducation des enfants, l’accueil des nouveaux, etc.

Que notre assemblée dominicale, portée par l’intercession des bienheureux, devienne un lieu où l’on goûte de plus en plus à la communion de la famille assemblée de Dieu (cf Prière eucharistique n° 3).

Père Gabriel Würz