En hâte vers Noël

Oh là là, les derniers jours avant Noël. Il faut courir, acheter les cadeaux, préparer les repas, attraper les bagages, les trains, les avions… courir donc et se hâter. On s’en passerait bien, mais bon… Il faut bien le faire.

Consolons-nous, Marie aussi se hâte avant Noël. Mais pour d’autres raisons. Après avoir reçu l’annonce de l’ange, elle s’en vient vers les collines de Judée en toute hâte. Elle court… Pourquoi ? Eh bien parce que l’ange l’a avertie qu’Élisabeth, sa cousine, était enceinte, elle qu’on appelait la stérile. Qu’elle en est à son sixième mois. Marie court en hâte pour vérifier le signe qui lui a été donné lorsqu’elle interrogeait l’ange et lui disait : « comment cela se fera-t-il. Comment, vierge, concevrai-je ? » L’ange lui avait fait cette réponse : « la Puissance de Dieu viendra sur toi et l’Esprit saint te prendra sous son ombre…» Voilà pour la cause. Mais l’ange ajouta ensuite le signe : « et voici qu’Élisabeth ta cousine a, elle aussi conçu dans sa vieillesse… ». Ce qui a été promis à Marie n’est pas une illusion ou une auto-suggestion. C’est vrai et vérifiable. Va, lui dit l’ange, va chez ta cousine et vois. Rien n’est impossible à Dieu !

Aussi Marie court-elle. Vers Jérusalem et les collines de Judée.

Ainsi feront les bergers lorsque les anges (encore eux), leur annonceront la naissance du Sauveur. Ils iront, en hâte, voir le signe qui leur est donné : « Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire… Et ils allèrent en hâte. » (Év. selon saint Luc ch 2)

Et nous ? Nous hâterons-nous vers la crèche, comme les bergers ? Irons-nous, en toute hâte, pour voir le Nouveau-Né, ce tout petit qui nous a été donné, la chair de notre chair, l’Enfant-avec-Dieu que nous avons fait1 ? Irons-nous le reconnaître, tel qu’Il est dans la crèche ; le reconnaître plus encore en nous ? Tant il est vrai qu’il vient sans grand équipage et magnificence, mais pauvre et nu. Dieu tel que nous-mêmes enfin. Dépêchons-nous vers la crèche pour porter le divin enfant dans nos bras. Et qu’ainsi nous nous habituons à porter Dieu, tendrement, comme on porte un enfant pour le consoler, le bercer, l’embrasser.

Hâtons-nous comme Marie et les bergers vers la crèche, pour vérifier le signe qui nous est donné : un enfant dans la mangeoire, emmailloté de linge. Jésus donné dès la naissance et que nous recevons dans le secret de notre foi.

Père Jacques Ollier

1. Corona benignitatis anni Dei, P. Claudel.