A quoi ressemblons-nous ?

Le carême reconduit chaque année les chrétiens à la source d’eau vive du baptême reçu le plus souvent enfant, mais parfois adulte. Ce temps de grâce me rappelle ce que je suis, à qui je le dois et combien je suis redevable à Dieu de m’avoir choisi.

Les 3 premiers dimanches m’ont appris en quoi consiste la vocation chrétienne

1er dimanche : une aversion au péché qui conduit à la prière : « ne me laisse pas entrer dans la tentation ».

2ème dimanche, première conversion vers Dieu : l’entrée dans la nuée sur la Montagne de la Transfiguration. Pour moi cela signifie mon entrée dans le mystère de Dieu, ma familiarité, mon intimité avec Lui.

3ème dimanche, seconde conversion vers Dieu. Laisser Dieu entrer en moi, jusqu’à l’intime de moi-même, dans mon histoire passée, parfois lointaine, celle de mes aïeuls, dans mon avenir, dans tout ce qui me fait et aussi me défait, car pour lui « la ténèbre n’est point ténèbre et la nuit comme le jour est lumière » (Ps 139).

Ce 4ème dimanche me place, en tant que chrétien, face à ceux qui m’interrogent : qui es-tu ? A quoi ressembles-tu ? Question de plus en plus importante étant donné le statut qui est le nôtre aujourd’hui et qui ira se confirmant demain : statut de minorité (ce que les dernières manifs pour le mariage ont bien montré). S’il est vrai que 55% environ des  Français se disent catho, ils baptisent peu leurs enfants : 1 nouveau-né sur 5 à Paris, plus en province, mais pour combien de temps ?

D’où l’importance de la question : à quoi ressemble un chrétien ? Le Seigneur ne l’a-t-il pas dit lui-même ? Un chrétien se fait reconnaître à l’amour qu’il a pour celui qui s’approche de lui. Un amour qui vient de plus loin que lui, et où se reconnaît la source qui coule en lui : le Christ vivant ressuscité.

Tel est le défi qui nous attend. L’unique. Saurons-nous demain, paroisse Saint-Étienne-du-Mont, être une communauté d’accueil et de charité ? Saurons-nous accueillir concrètement ceux qui veulent nous rejoindre mais qui hésitent, parce qu’ils ne se sentent pas attendus, espérés. Saurons-nous apporter un soutien à ceux qui nous entourent et qui sont dans la peine ? Saurons-nous les écouter, les consoler ?

Les initiatives privées seront sans doute indispensables mais non suffisantes. Il faudra s’associer, se prêter main forte, prier ensemble, agir en communauté. Pour accueillir les enfants de plus en plus esseulés, les adolescents abandonnés à leurs désirs insatisfaits, les jeunes revenus de tout, les adultes blessés ou perdus. Il faudra accepter de passer du temps, de perdre du temps, de l’argent parfois. Mais pour quel prix ? Il faudra se montrer inventif : un caté ++ qui accueille les enfants longuement (nous le mettons en place à la paroisse), des lieux de vie pour les ados (voir aumôneries) avec des référents adultes, des propositions exigeantes pour les jeunes en matière de formations, des lieux d’accueil et d’écoute pour tous ceux qui sont égarés, désorientés, seuls…

Nous leur montrerons ainsi le secret reflet de Celui qui brille en nous depuis notre baptême et qui nous dit toujours : « tant que je suis en toi, je suis ta Lumière !»

Toute initiative allant dans ce sens est bienvenue.

Père Jacques Ollier