« Risen » ?

Pourquoi croyons-nous en la résurrection du Christ ? Quel est ce sur quoi notre raison peut s’appuyer pour affirmer que le Christ est ressuscité ? Car nous ne croyons pas au hasard d’une crédulité aveugle. Nous croyons avec notre intelligence et avec toute notre humanité, ce qu’elle a de plus élevé, que la Bible nomme « coeur ».

Notre foi ne s’appuie pas sur quelques reliques, fut-ce le Saint Suaire. Elle trouve un argument solide dans le collège des Apôtres, premiers témoins du ressuscité. Les quatre évangélistes présentent unanimement les Apôtres comme témoins, c’est-à-dire, comme voyant et comme annonçant.

Le statut de témoin apostolique, en effet, s’acquiert en deux moments. Le premier, celui où Jésus se manifeste dans sa nouvelle vie. Mais, dira-t-on, il se montre à d’autres, et en particulier aux femmes. Il faut cependant noter que celles-ci n’annoncent pas publiquement la résurrection de Jésus. Le deuxième moment est donc celui de la proclamation du kérygme coram populo.

Nous croyons à la résurrection, parce que nous croyons les premiers té-moins que sont les 11 Apôtres. La revendication forte de l’Apôtre Thomas, de voir Jésus, trouve là une explication. Il doit, comme les 10 autres Apôtres, pou-voir bénéficier de la présence sensible du Christ ressuscité.

Premiers témoins privilégiés, les Apôtres le sont aussi dans la suite de leur vie, après l’Ascension du Seigneur et après qu’Il ait été ravi à leurs yeux. Dans leur ministère apostolique, ils ont fait l’expérience de la puissance de la résurrection, par la fécondité de leurs paroles et de leurs actes. En annonçant le Christ ils ont ouvert la porte de la foi à de très nombreux croyants dans tout l’oecuméné. Par leurs actes de puissance ils ont fait paraître la grandeur de vie qui est passée du Christ à ceux qui croient en lui. Ce n’est pas un code moral qu’ils ont annoncé, mais une personne vivante, une présence vivifiante, une source très pure qu’il nous est donné de connaître, grâce à eux et à leurs successeurs les évêques.

Aussi, pour répondre à la question initiale, devons-nous dire de notre foi en la résurrection qu’elle est fondée sur l’Apostolicité de l’Église, ce que nous proclamons chaque dimanche : « je crois en l’Église… apostolique ».

Nous le faisons de nouveau ce dimanche de la Miséricorde, avec grande jubilation.

Père Jacques Ollier